PAR ROMAND
« Dieu éternel qui régis l'univers , qui par la seule volonté « exerces une action irrésistible sur tout ce que tu as créé ; puis- « sance sous laquelle nos fronts seront toujours courbés, reçois « nos hommages et féconde de ta grâce les intentions de notre « société naissante !
« Cette société , composée d'iionmies qui ont trahi leurs de- « voirs envers toi et leurs semblables, qui en ont été punis par la « justice humaine , toujours en rapport avec la tienne ; cette so- « ciété, ô Dieu clément! vient en ce jour, t'olfrir l'expression <! du repentir sincère de chacun de ses membres, en témoignage « du ferme désir qu'ils ont tous de pratiquer à l'avenir une mo- « raie pure qui te soit agréable , ainsi qu'au grand corps social « dont ils sont momentanément retranchés.
« Ce n'est pas tout , 0 Dieu des vraies miséricordes ! quoique « nous soyons tous ici réunis et prosternés en face de ton autel (1),
(i) Un petit autel assez bien décoré étuil établi à deuieuie dans l'iiae des chambres de la prison.
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« un jour viendra, qui n'est pas éloigné peut-être, où chacun de
« nous ira subir la peine due à ses forfaits dans un lieu où la
« contrainte sera plus grande et la moralisation difficile : toi
« seul-. Être sans limites , peux faire couler un rayon de ta grâce
« dans nos cœurs et dans notre intelligence ; à toi seul appartient
« la faculté de nous maintenir dans la résolution où nous sommes
« aujourd'hui, de ne plus t'outrager à l'avenir, ni le monde qui
« nous a justement repoussés de son sein. Fais que, bien que
« divisés , nous conservions eu particulier et professions publi-
fl quement les salutaires doctrines que nous nous sommes enga-
« gés à suivre par nos statuts ; que chaque membre isolé pense
« aux devoirs qu'il a à remplir envers toi et envers les autres
« hommes; et qu'enfin il n'ait d'autre but que celui dont cette
« société poursuit la réalisation, à savoir le retour à de meilleurs
« seutimeus, et graduellement à la vertu même. » \jn Pater et
le Miserere.
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•Note D. — Page 159.