‹ Confession d'un MalheureuxChapitre 65 sur 65 · HOTES · texte numérisé non relu

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« Jesoussign(''c, sœur Adélaïde, religieuse de Tordre de Saint- Joseph, institutrice à Montréal, atteste que le sieur Jean-Claude Romand, tailleur d'habits au même lieu, comprenant sans doute toute l'importance d'inculquer solidement les principes de la religion dans le cœur de l'enfance, me fait de fréquentes recommandations afin que je prodigue tous les soins de cette nature à sa jeune fille, qui fréquente notre école.

« Sœur Adélaïde, supérieure. »

Montréal, le i3 juillet 1845.

« Je soussigné, déclare qu'il n'est jamais parvenu à maçonnaissance que, depuis sa rentrée dans ses foyers, le sieur Jean-Claude Romand, maître tailleur à Montréal, se soit écarté des devoirs d'un lionnêie homme.

n Eugène Janin, propriétaire et manufacturier. »

Bûard, près N'anliia, le 1 1 .juillet 1S45.

« Nous soussigné, Ilippolyte Picquet, maire de la commune de Groissiat, canton d'Oxonnax, département do l'Ain, certifions que le nommé Jean-Claude Romand , tailleur d'habits, habitant la commune de Montréal, coiidanmé libéré, depuis qu'il est sorti

du bagne et exerce sa profession dans ce pays, a eu des relations avec différentes personnes de notre commune , qui toutes nonseulement ont été contentes de lui, mais encore ont remaïqué dans ses rapports un fond de moralité et de probité qui fait oublier ses antécédens.

« En foi de quoi nous lui délivrons le présent certificat, pour lui servir selon qu'il jugera.

« PiCQDET, maire.

Groissial, ce 29 avril 1845.

« Je soussigné, Agathange Roset, maire de la commune de Geovreissiat-et-Brion, canton de Nantua,dépai'tementde l'Ain, certifie qu'il n'est jamais parvenu à ma connaissance que , depuis sa rentrée dans ses foyers, le siem- Jean-Claude Romand, maître tailleur à Montréal, se soit écarté de ses devoirs d'honnête homme.

« En foi de quoi je lui ai déUvré le présent.

« A. Roset, maire. »

BrioD, le iS juillet 184S.

<' Je soussigné, SimonPcI, préposé desdouancs en retraite, eldébitant de tabac dans la commune de Montréal, canton et arrondis-

sc'iiK'iit de >antua, voisin vis-à-vis du nommé Jean-Claude Romand et à ce titre pouvant juger à tous les inslans de ce qui se passe dans sa maison , déclare que le sieur Romand , depuis son retour dans ses foyers, a toujours tenu une conduite régulière et digne d'éloges; qu'il est très laborieux , aime beaucoup sa femme et ses enfaus , qu'il élève bien ces derniers , et nourrit gratuitement sa belle-mère qui est dans un âge avancé et sans aucunes ressources personnelles; qu'enfin il est un bon et serviable voisin. « En foi de quoi je lui délivre le présent, pour valoir ce que de droit.

« Simon Pel. »

Moulréal, k- 3o juin 1845.

« Je soussigné, médecin de résidenceà Isernore, arrondissement de Xantua , certifie que le sieur Jean-Claude Romand , domicilié à Montréal , m'a toujours paru, dans les circonstances où j'ai pu îipprécier son caractère, très recommandable sous le double rapport des qualités de l'esprit et du cœur.

« Indépendamment de cette probité sévère, de cette moralité très pure, de celle intelligence sagement dirigée pardes i)rincipes élevés que l'on remarque en lui, et auxquelles ses concitoyens rendent unanimement justice, je me fais un devoir de témoigner ici de son altacliement'j)our les siens, de sa tendresse pour sa famille, dont il m'a donné d'excellentes preuves en 18^3, par les soins touclians et tout particuliers que je lui ai vus jjrodiguer à sa femme, atteinte à cette époque d'une maladie très grave.

'■ De tout quoi je lui ai fait le présent certificat sincère et véritable, pour lui servir et valoir ce que de droit.

« PiCQUET, médecin. »

I^elnote, U- i"" juillet 1846.

ET PIÈCF.S TUSTIF1CA.TIVES. 3^9

«Je soussigné, Jean-Marie-Justin Picquet, propriétaire à Groissiat, déclare que le sieur Jean-Claude Romand, tailleur d'habits à Montréal, qui travaille pour moi depuis son retour, a toujours montré un grand fonds de probité dans tous les rapports de son état avec moi, et que je n'ai jamais entendu dire qu'il ait dévié du devoir depuis sa libération.

« Picquet. »

Groissiat, le 26 juin 1845.

NOTES ET PIÈCES JUSTIFICA.TIVES. 33 I

NOTE I. — Page 274.

Louvet (de la Somme) disait le lô'Uécembre 1808 au corps législatif, dans son rapport sur le ch^piti'P delà Réhabilkaiion des condamnés, formant le complément dû. Code d'instruction criminelle (art. 619 et suiv.) : '.'.'.',■

« Il est fréquent, et trop fréqueat- peut-être, que l'âme des condamnés soit fermée à tout retour vers la vertu, même vers les idées d'ordre et de moralité. En géii^éjfal , ils étaient déjà corrompus et dégradés quand ils se sont abandonnés au crime; et il arrive encore que leur dépravation s'augràelilc dans les prisons qui les reçoivent avant leur condamnation, et.4aiis les lieux où ils sont envoyés pour subir leur peine. '•..•*

« Mais , parmi les condamnés , n'est-il pas possible qu'il s'en trouve pourtant qui, exempts d'une véritable perversité, aient commis des délits punissables, dans un moment d'égarement, et poussés par l'impulsion soudaine d'une passion, même non criminelle en soi ?

« Si je parlais devant des hommes moins éclairés, il ne me serait pas difficile d'appuyer mon assertion de nombreux exemples , tirés soit des temps anciens soit des temps modernes,

« S'il n'est pas impossible qu'mi repentir véritable accompagne constamment certains condamnés avant , mais surtout après leur condanniation , pourquoi refuserait-on à ces hommes, qui furent criminels un instant, l'extinction totale de la tache qui leur fut imprmiée, par suite d'un égarement qu'ils ont tant expié parleurs remords, par leur conduite postérieure, et par la peine qu'ils ont subie ?

'( Les fers, le séjour des prisons, la compagnie habituelle d'hommes flétris et quelques-uns même corrompus pour toujours, ne sont pas faits, j'en conviens, pour améliorer ceux qui vivent au milieu d'eux. Ces derniers sont en grand danger, je ne puis le dissimuler, de perdre bientôt et ce qui peut leur rester de moralité, et ces remords qui sont le tourment actuel , mais qui peuvent devenir la consolation des coupables et le gage de leur retour à la vertu.

(' 31ais, Messieurs, vous penserez, j'ose le croire, qu'il n'en serait pas ainsi, ou du moins ((ue cela arriverait plus rarement, si quelque espoir de retour à l'i^stirae des hommes était laissé aux condamnés.

<( Leur intérêt bien eniendu même devrait suffire pour leur inspirer la résolution de commencer dès leur captivité à remplir tous leurs devoirs ; car, si en général il n'est pas de bonheur sans la pratique de la vertu, on pe;it dire surtout que, pour l'homme tombé dans l'infortune, c'est le seul appui qui reste, et que le négliger, c'est se tout ôter à soi- même.

« Mais, si à cet intérêt on ajoute l'espérance donnée aux condamnés de pouvoir un jour, à l'ombre d'une conduite irréprochable, recouvrer leurs droits, reconquérir l'estime et la confiance de leurs concitoyens, satisfaire aux plus chers désirs de leur famille affligée, dernier motif qui ne sera pas non plus sans importance à leurs yeux, il ne nous a pas paru douteux que ce ne fût un moyen assuré non-seulemeui de prévenir leur dégradation successive, mais même de préparer et opérer leur amélioration morale.

'( Oui, et j''en ai la con\iclion, cet intérêt, cette espérance se combinant, se fortifiant l'un par l'autre, il arrivera que beaucoup de condanmés seront ramenés à des principes d'ordre et de probité (jui, utiles pour eux, utiles par les leçons qui en résulteront dans les lieux de détention pour leurs compagnons d'infortune , tourneront au profit de la société elle-même, et formeront une instruction précieuse pour ses membres. On a vu, depuis l'Assemblée «onstituante, des exemples de réhabilitation ; on en verra davantage à ra\enir : mais, quand, p.ir impossible, l'espoir d'y être

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admis ne servirait qu'à rendre meilleur un seul individu, la peine qu'aurait prise le législateur me serait pas perdue. »

Ne dirait-on pas que les lignes précédentes ont été écrites pour Romand lui-même et que l'orateur du gouvernement prévoyait, trente-sept ans îi l'avance, qu'un homme se rencontrerait qui, après s'être jeté dans les voies de la perdition et du crime, aurait plus tard, sous l'influence d'un repentir profond et sincère racheté son passé par une conduite irréprochable? En effet, ces momcii.^ d'égarement, celte impulsion soudaine de la passion, ces remords qui sont le tourment actuel, mais qui peurent devenir la consolation des coupables et le gage de lenY- retour à la vertu, tout cela semble concerner llomand ou du mtrfns lui devient parfaitement applicable. >ul condamné donc ne rèniiilit mieux que lui, suivant moi, les conditions que le législateur- impérial exigeait pour être apte à recevoir le bienfait de la ré!)îij)iIi,tation , et je crois que b gouvernement du roi ferait un acte ijV, haute justice, qui serait en même temps d'un salutaire exemple, en replaçant dans la class( des citoyens un homme qui a si solehileUemeiU abjuré ses erreurs.

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