PARTIE H, UVRE VIL i
res , une rétribution dont il ne m'a jamais parlé 9 ni moi 4 lui.
Cette entreprise de l'Encyclopédie fut interrompue par sa détention. Les Pensées philosophiques lui avoient attiré quelques chagrins , qui n'eurent point de suite. H n'en fut pas de même de la Lettre sur les Aveugles, qui n'avoit rien de répréhensible que quelques traits personnels dont madame du Pré de Saint- Maur et M. de Réaumur furent choqués, et pour lesquels il fut mis au donjon de Vincennes. Rien ne peindra jamais les angoisses que me fit sentir le malheur de mon ami. Ma funeste imagination , qui porte toujours le mal au pis, s'effaroucha. Je le crus la pour le reste de sa vie. La tête faillit a m'en tourner. J'écrivis a madame de Pompadour pour la conjurer de le faire relâcher ou d'obtenir qu'on m'enfermât avec lui. Je n'eus aucune réponse a ma lettre : elle étoit trop peu raisonnable pour être efficace , et je ne me flatte pas qu'elle ait contribué aux adoucissements qu'on mit quelque temps après a la captivité du pauvre Diderot. Mais si elle eût duré quelque temps encore avec la même rigueur, je crois que je serois mort de désespoir au pied de ce IH. 7
i*6 LES CONFESSIONS.
malheureux donjon. Au reste, -si ma lettre a produit peu d'effet,, je ne m'en suis pas mm plus feeawcoup fait valoir ; «ar je n'en parlai tjufà très-peu de gens , et jamais à pklerot lui-même.