‹ Confessions de Madame***[pseud.]; principes de morale pour se conduire dans le mondeChapitre 4 sur 5 · acte? ^c^çeAMquft.jprftpjpteïPfift^^gptii · texte numérisé non relu

acte? ^c^çeAMquft.jprftpjpteïPfift^^gptii

ffl^m^pp^^t. ,; . ,, , .,.,„,.,..

- ; .ty es^e^^.que, jçiqi^'eist plus.jjdicufe

# *tW^(HP?;pW dangereux que le projet jd'agii; par des moyens dont on n'a pas le principe en soi. D'abord , ce, qui est factice, ne produit jamais le même degré d'impression que ce qui est naturel ; et puis, qu'est-ce que c'est que ( de s,' avancer sans savoir où on ira, sans,ayoir.^e sentiment des a ^ i 9?fifflW>.' a W>fc& f. WjW 1 powroit les

«fa §fm$h^ ^W.pfi.$W*m e» état 4>' ^ftWfirf'rPWJftW f l , de ! qniWer ajternati- «remeiii. ,u» ( .]rçlê .qu^n, sera .forcé à chaque

con,duifo, en^end^tout inutile, e^pse au,,?B|îpr% et f .^^rgctère qu'on a, f l}ouJu prendre,, et fiçM jju'on a réellement; afl lieu que si l'on eû£{jfa^agement nsa^jylejsçs

23o CONFESSIONS

moyens naturels, oïLauroitpu parvenir à quelque succès. ■> •> «i » •

• Àttachonsrfneui» doito, i pôuri nons^mê«ies com*fte>pour les personnes que nous aurons à conseiUar^À<prendi!^/dan&>chau|utiQarac- 1ère Mifon A* touteà fas *essbuive*i4»»ft'neqs aurons) besoin iptatr cfaaque^shuartigm^ car si J>on tuafCQMpoeri'Sop ami un plan de i donduiteque son caractère le titet'i hors 'd'état diôxëctrter-, »îlfarodrai le suivre «àlowt rnomôBty <we pas le perdre dâivtie , cdr unseul insta»t>pcairroit tout gâterjfOi* n'agit sur lui , date ce cas f qu'à « peu près ; connue on agit sur les «corps inanimés, iquand**r* leur communique un mouvement j lipipulsion qu'ils ont reçue- perd bientôt son effet y si on n'en renouvelle pas- la cause. €J ? festin soi qu'il £au£ avoir la raison xte toutes ses actions ^ pour qu'il m» résulte* en chaque occasion une conduite estimable' et soutenue.

Par exemple , si un homme » jést mégttgeiit dans ses*affaires, il ne faut» pas lui dicos tDevenez actif, car ce setfoit u& conseil absolument inutile; il faut s'applique?. à> chercher dans son caractère les.qualités don* il pourra 'tirer parti pour arriver au but qu'il se propose. .

Si une personne fort douce et fort sensible est opprimée par lçs autres, on luPeonieilte ordinairement éei tâcher de s« faire traiîiHre : c'est conseiller à \m enfant de terrasser* ivn horanrc fort; oniLWpdse à devenir ridicule e» pnettrint «unt ton qui toi* est absofo ment etTasge^<4kmt elle «e sent ni les moyens, ni la mesura, de crois qrç'ibstFoit plus sage de lui- iditeiî. Rendez vwtre xiw^eur enrobe plus taiaiabfe;/ cherchez en' elle ,' afinsi * que dansi (votre seroibttit'ôj itqusi ks moyens de /contâliaUort^u'âbe^t possible d'en faire naître, jcain«©in<tstjq*ie;dans vos qualités que vous pQUTO a espérer? àt. trouver des ressources à v^reîportée. . .; •* r • <

• En donmat* des» «conseils, «onHombe en- : corequelqtiefois*daiis un autre inconvénient quecekrinde se proposer pour modèle : on invite à faire' tout ce qu'il y a de plusparfait et ce tqu'<w* seroit incapable d'exécuter soi-même; par eefcte conduite^ on veut faire honorer son âme biem plus que servir son ami ; alors les conseils * loin d'être utiles , Reviennent très-dangereux : il faut avoir toutes les forces et tous les' moyens nécessaires à une entreprise pour n'y pas échouer d'une jrianière ridicule. On ne sauroit trop le répéter, la première qualité d'un conseil est s^

*i32 COKFESSïOtfS

p^Çpoçtlqn £veç ^'esprit et le caractère de

Sans ^^te fj qn doit toujours tendre à éle-

qu'elles çapseut:cçst Je, plus bel emploi de l'amitié; àpafa il faut toujours se souvenir que, quelque puissance qu'on ait sur une âme , il est impossible d'y créer une seule qualité, et qu'on ne uoit . prétendre çi^ développer et mettre; en valeur celles <jpie la nature y g placées, Il est dope absolument nécessaire , avant de donner un conseil , de fcien connoître et de bien mesurer les forces de celui à nui on le donne. On ne sayrpit apporter trpp d'attention à cet examen ? qu$?4 P n va remplir l'office le plus délicat ne l'amitié . se rendre responsable d'tifi événement dont Ta confiance a remis tous les moyens entre.pos mains.

On a trop peu réfléchi sur cette matière, qui est pourtant une partie de la morale bien

intéressante pour la société , puisqu'il doit, en résulter ou de très-grands ihco'nvéàiéns,. ou de très-grands avantages pour die. Oa s'est borné au précepte, qu'il feut' toujours donner de bous conseils: cela est trop général; un bon conseil ènflui-infiÉiè peut devenir très-dangereux' pour une* telle personne en particulier. { Quari91 il s'agit des hommes, il'feut redescàfirt! id&VéHtfe gé> nérales aux Vérités particriKères. Cotttmé ils sont tous dîfférens , la même chose ne peut leur convenir. Un 1 simple artisan asseoit ce qu'il fait a chaque ^eitebùiie pôlifr qui f il le foitj et un' philosophie veut qu*tin précepte de morale puisse s^applïquer également à tout le monde? 4

Le talent dis conseiller exige beaucoup plus de lumières' qù'onne le pensé ; {Jour le posséder dans toute son étendue, il faut conr hoître les Koititues en général et les caractères particuliers dans leurs plus grands détails; il faut encore bien comprendre et s'êfre retidu proprë'ïe&iiet sur lequel ou doit donner son avis. . ..

Mais ce^qui 'n'est pas moins imptoH^t sur céite matière, et àônt je n'ai pas encore* piatlé," c'est la nécessité d'être bien certain :- tfv&lt de rien prononcer, que Tdxpbse* (ju'Wpré-.

234 rONFtâlIOSS

sente' renferme toute la question ; la passion , l'imagination déduite ou> exaltée , et mêmel* simple prévention, produisent autant.de faux, ftxpoçéSf que >)e m&tm&fpti

Si Van est dattforreuirjOft canrt îarôqne de donner des conseiU dont l'effet deviendra pernicieux pour celui qui. s'etf trt>n*pé>hnmeneau les demandant fî et «qui. va *'?égfii*r encore davantage e« les-suivant, !>•>«..

Ceeujete^loiU rempli ddcwil&i^mafc si, pour ae serrai re aux dangefrqu'.H présente, on reçoit à^sas amis les teenseifa* dotib ils ont besoin , <xn se rendrait très~<:<*tpàhW envers eux. Tout se qu ? ona d'isprit** d'idées et de lumières e&t un. him qui leaf appartient. La crainte 4ei s'exposer*» de. se ^coin promettre, ne convient qi\à de> «petit** Âmes rétr&ies par la personnalité i rapMtiénetcwanoît point les maximes r de TintérAt particulier ; die s'élève au~dçssw &*** opinions vulgaires et ne a 1 occupe que de son objefrM v , Tenpn$-#QQs^n dont , après qvoir . bien examiné cette matière, * à ce résupasiéijque, quand pn nous consulte , la probité nous oblige à danger toute l'attention et toute la réflexion dont nous sommes capables * pour bien juger la, question présentée; que nous devons apporter encore plus de soin à cet

«amen que s'il s'agissait de notre propre affairey-parti-e qp&^m'tië trompaùt sur ses propres Sbrttféts^ drt^^^lq^toprtâént , et ' qu'en campant fe confia***? desailfrksVbn commet * -une* «ctfott màlboitriéte 1 ; feaên , que nous dëirotos^tlôtis tetffr ë^iït&it ^lmgfléè de M fôgèreté qtrî prè&iit 4& ctotiseils téméràiresy et Ae la ci^iîfitepuSill^ittïé qtii il oserait en dt>nrier rfiicwilV "» r \i *•> yr -..><

La^qirililëbplm'rt^essâirepôtt^ié Bonheur >d% l'amitié, c'est *«e 5k*fi^bil^éi profonde ; » mtfpuisabte e£ftottj<*fti^£À A^ioA. » La «eneibttité est là fcasë ^ ttftflés tes 1 qualités aiWiabksvl* ^toîc^dés vetttis'et la cause de toutes les jotiissafifrceè :-'»'élfa seiiîetfcrine lhilelligettce-de tdut ce qui est bien et de 'tout ce qvà est' beau; l'esprit Tammipagnë tonjours et ne' peut jamais la suppléer r c?èst elle *jui fcrtkrtfdtii qui 4tti eét propre.

liîhomm^es^TTsiMe'^miottseuliVxiit^rice.

ïlefe do feu delà tfie r il' le coittmtifiii|ué à iimt «e qtti^r^tou^e; ïoat: s'tetttimè et s j cmbelliti^UB ses yeux. Une existence froide Auprès dfafee existence animée , c'est la mort à «6të M(fe la vie. 1/homtne indiffèrent Yoft à peine les objets qui s'offrent à sa vête; il n'en ^rowe aucutt effet ; tout le trduve et le laisse dates la même situation., tandis que

236 tOKFEâfflOHS'

l'homme sensible , saisissant dans chaque chose tout ce qui peut 4tre vu «t> sentie .reçoit l'impressio* de tovtice qui «i prisent e* son, &&&,§! l]w,Qntl]Mtoe,de>ûe$é^*&pQ%i* ' vcâ^|^ç0ofWiiaiîUcu^iW/ifpii scupassebio** bfts,fil A>jHije»oiiiù»« - idéft.^ino ^différente de ce ^qu'oif » yi ftêncantoe. o Qa idéjclanie, gnib* tinuellement contre la sensifcftkit&fuièut Je monde se .vpnte et sejplaîttbd'àt) ayhiitjtDip : c>st t J& .preuve; qu- elle > est bien jrana> îMicax

connue* . w^verow* qpe*tjielkiG*ft]s^<)iwri>* quefois 4le. grajwfe icfcagniw. ♦ relia *s^ettU **$

conseillante la wev» &*<!** te ptwtatot|fc'dk donne ne .sont! que laiJuiAe eti?lajjpr«iweidi» piastre* qu'an it$a\ a. récits*^ n ^h;» <>> . «n^»

Jç w parle pwvt*ii:ifde>oette qui i>e$t qu'une <di$paf*tloai à rjétre,

HICuLli VIDll; I0IIUBMIU vlu I I JTfltnmin illitTBHrl I iMlffMf Wr

de s^du* tioat i très m pnis&nfy ; ellfc^frçwte //du mouvement «t dette variétédanaihtj vid^ la plws ordinaire , cfc trantformaptienrtitoatibn pi qman t e lc&ptas légal» inéiàeqsf itaqouta animée / elle offre cùntkrtielkmtii^) 4image> du seitfirrant ;» «rtaâs comme tcrabttaifecÉaj, rie» ne la touche» profondément >: ^t^ote i^uperftcielle , jelle est; trœopposée à la^véritable sensibilité. Les gens qui et» gaatskrafs plaisent infinimeat : ce degré d'intérêt suffit «à

Ï>R MADAME ***. l3y

la société; -ils peuvent méme^aire beaucoup d'illusion^u» l'amitié , mais' sont incapable» de'4aiC0uptfitir€H tou^ui^ attirée, tttnm eut arflf£és> ^j et'Jïia < 6(^ A&AàUJamaiè , kw£me esta dans» |Lin mqaveft^t Continuel? >MsJ ne petfyeiiti lavoir <4pie> des goûts* ivife/ ^momentané* ;ytcrtït , ohet eujc t ne/'tfônt qiv'aUK^ens ouJ&èïmagirtafiien, ■• • ^ ". - -»> ■ »

{JetparfeL.de> cette sensibilité qai modifie l'âme ■tocit ientière , en lui imprimant un cûBâi^èreuib teiid cessa pertR»â»erit: e' est d'elle ^«é>hafrfcAt Uamoiïrdetfhu^^UéfiebesoiA <ifc s'dft tfttoer , et la constante» -dam les» altaehonarfi».^' imagination nef languide wi «e Hégare; la raison ne toi est point étrangère, <eU tombante Faooot*pft^eto^ott?&; Oe n'est ptosj«n©isknple disposition <à recevoir des iaagreseicms^Htte» manière f assise; cfefctfttae qualttôftysitfoe quûproduittotabce^i peut eodistev àri. bowientre les hommes.» ■■ "• nr - » » iHbtamitiéai&fwut naître dans ua^œor îtt«sensible \> \im Jn ? es* • capable de la sentie' qufen raisca^idui degré de sensibilité dont on est tk>«i6; r pli»sil;a d'étenduei, plu* l'ami tieiade force»* jtdedharniei et; :de<bonh«qrj>* n\ ■ -? %> •

Entre defeamia, la sensibilité rahplitkin espace iKuneifcœ ; elfe i s'élève aux \p\vé grdndp intérêts; elle redescend aux moindres tbagar-

telles et s'en occupe vivement. Loin de se borner àndparoitrequedatôslesévénemens, elle n'^st jamais ni oisive, ni absente; ton* jours : ew action , elle sait tirer ' 'des situations les plus stériles en apparence l'occasion de dontoerœt d'éprouver un sentiment.* Par une sagacité qui ter est propre , elle ^pénètre tout ce qui se passe clans tmte 'âme, -et se trouve toujours à l'unisson de toiit eef qu'on éprouve.; •• *■ • **• • .*

C'est' arec éëtte sensibilité qu'on -fait le bonheur de ses «mis ,' qu'on devin&feûr ceeur et qu'on va droit àce qui WtoiK*Je. btoniéé de sentiment y qui se -fait ton joW sentir avec plaisir, - même ' entre des indififérem , *ftt li plus douce jouissance de l'amitié. Sentir*, penser, vouloir j agir emembtei, Steilft comme deux âmes doivent être -Bées pour* cotiralffe tout le bonbteur de l'amitié*' mais cofrune cette situation est parfaite et* riefei aérien f à désirer, elle est très-rare, et c'est à< fa 'sensibilité qu'ils est donné- de retoplàfcêrf tout ce qui manque à la conformfté'des caractères.

"C'est surtout pour les chagrins qu'elle est bien nécessaire : elle seule- sait- écouter et consoler. 'Dans le malheur, nos amis- ont besoin que nous soyons tout à eux; il-fecrt alors quitter toute autre pensée , abandon-

î>fi MADAME ***,, &3g(

nef tout antre soin ; nne âme partagée ne peut suffire au malheur. Mais faut-il donc que nos- «amis éprouvent de ces revers qui touc&entl *mên>6 les indifférons, ponr que nous soyons dévoués à leur consolation?

S'ils S'affligent pour des choses qui ' ne' mous tonohqrdientpasy<ne devonsHnotts pas toujours compatir à leur pekie? Faudra-t-il attendre tipafan perae cotame: eux pocur les plaindre? et leur affliction seule, quel qu'en soit le ; stijel , ne fournit-elle pas; «h assez grand nstotif d'intérêt pour -en être vivement affecté ? lies gens qui s'occupent à juger les ehagtins4e leurs amis an lieu de les sentir, n'aiment^giîiè^e.Sanâd^uteda raison ne doit pa& éfcre négligée ^quand elle peut sçrvir; imtfiâl faut qu'elle vienne à l'appui du senttà&Hmhj ebnon pas !à>sa pfa«e. ■ '

»ïWir èrtr* un ami tendre et «consolant, il fa»t'*e>ti*afilsporte? el^èsement dan&la même situation on* se trouve l'ami qu'on vent consolep; rT;o*<tes fc» répétitions des signes* de sa douleur ne lasseront jamais celui) qui en partage bien lersgtttime&t ; elles» sont si nécessaires à une âme oppressée ! c'est son unique soulagement Quand on ne les envisagerait que sous c« seul point de vue, comment ne désiferoit-on pas de les entendre, de les ex-

a^o Confession

citer mêpie par une attention toujours sontenue? D'ailleurs, en amitié, rien ne doit faire obstacle à la liberté d'épancher tous ses sentimens; s'il existe une seule crainte d'importuner ou d'être à charge , la confiance est arrêtée; il faut que l'âme puisse s'étendre en tous sens , sans éprouyer aucune gêne , et qu'en rentrant en elle-même elle rapporte du plaisir ou de la consolation des échappées qu'elle vient de faW dans le seïa un ami.

Pour obtenir une confiance entière, il faut avoir beaucoup d'indulgence pour les foiblesses : la censure ou la sévérité porte à la dissimulation ; alors on ne peut ni servir ni ramener.

Un ami n'est point un gouverneur qui domine , qui réprimande ; c'est un frère, un camarade capable des même» foiblesses et qui doit y compatir. S'il est des temps pour la raison, il en est eneore plus pour F indulgence, dans un commerce dont l'égarlité est la base.

Si , par exemple , on combat une passion avec, trop de sévérité , on la révolté et on perd le pouvoir d'en arrêter les excès ; on abandonne les seuls moyens qui restent d'être utile à un ami malheureux > qui y de-

DB MADAME ***. a£i

nieuré sans guidé et prive du 'seul* frein qui pouvoit lé retenir encore , se livré* aïbrs tout •ntieràiafôHeiîuîlepb^èdé: , ' I '' U " J ' *•

ceur qui

difficile* ritta'rquer.

. ; Te îroî^qu 1 » Faui'c 1 mPjtâqxJh Un certain p'oln't'^ïa fc&^'^tê%g8té,''£8tit conserver le pouvoir d en arrêter Tes excès.

C'est alors que la raison, pour êt'/é" 'Utile," doit &nve1op#r , 'tië't3uT ïêk m-més du sehtïni^t^fi^é^iië Wôtfé"à I n?'^fbûve tantd^&o^eW^n'n'ous^bhn&fWplàisirs .ou sa'pèïne/^'cfal^é, s'H'^'efti^ toujours de suivre nos conseils, de se vb'ir'priv'è' d'un soulagémènf 'foeressaire S èùti' étehr.

égareiriens qui tratàerif 'Ses VnalheW, qu'oridôft s^vèr aveè'lepttfe ae'ïo9cé. , t»àV exemple',' slt'ëtoit . question de ces fautes qui , en 'avilissant ièldi'quï'lei'&nth^èt, assurent sori inMWné; il fauclrb , ft , teut t> ém , i}loyef 'pour TWêtër: II n'est fftînt alors* agression trôp"f<Jrtë , ; T& méiià&ënVéns ne sont 1 plus de saison 1 î c^èsVla vérité' qu'on doit dans' toute sa force ; if faut 2. ai

effrayer, par le tableau du danger, ceux qui s'obstinent à en détourner la vue , pour qu« rien ne s'oppose à la passion qui les dominé. ï|[Jais si la tendresse et la fermeté sont également impuissantes ; si la faute s'achève J si elle est consommée , alors il faut plaindre le malheureux , qui bientôt sentira la peine attachée à l'imprudence qui brave l'opinion; il faut cesser des reproches désormais inutiles , et ne point s'éloigner de lui. Les folies ne doivent pas être punies comme les actions malhonnêtes. Le monde, toujours léger dans ses jugemens , n'y met souvent guère de différence; il proscrit également tout ce qui choque ses idées. L'amitié , plus sage et plus éclairée , ne doit connoître que les offenses personnelles on le défaut d'hon^ nêteté.

Quelque désir qu'on sente. d'obKgér ses amis , on se doit à soi-même de se refuser à toute confidence dont l'objet est malhonnête. Une femme peut écouter les secrets d'un homme amoureux; mais une honnête femme ne doit jamais être la confidente de son amie, qui a une intrigue. On peut la consoler quand elle pleure un amant ; mais on ne doit point l'écouter quand elle eti jouit , à moins qu'on ne soit entièrement

ÎIE MADAME ***. ^43

*Ar que son amour est pur et sa conduite exempte de foiblesses. J'ai suivi ce principe .par un instinct d'honnêteté, bien avant de m'en être fait la loi. Jamais je n'ai reçu la •confidence d'aucune femme qui eût une intrigue. J'en ai connu qui ne rougissoient plus de leurs foiblesses et qui les confioient volontiers; J'en ai vu d'autres qui avoient un besoin extrême de parler de l'objet qui leur tournoit la tête ; je ne sais coinmenjt cela s'est fait, mais elles ont toujours été un peu hypocrites avec moi. Ce n*ét.oit pas assurément en inspirant de la crainte ; car je n'ai pas F air austère , et mon caractère met à l'aise : malgré cela , elles ont senti que je repousserois cette espèce de confidence, qu'en .effet je n'aurois jamais reçue sans vouloir les humilier; car c'est un projet barbare que personne n'a le droit cle former. J'aurois opposé à leur indiscrétion les témoignages .d'estime qui avertissent de se respecter.

Dans quelques occasions de ce genre, j'ai ,eu machinalement cette conduite. Elle m'étoit inspirée par une sorte de honte pQurJes personnes que je voyois se mettre en danger de me dire du mal d'elles.

J'ai vu deux fe^aimes pleuxer l'ingratitude et l'abandon de l'amant qu'elles avoient

adoré; mais leur confiance n'a commencé qu'à cette époque : alors, je les ai écoutée* çt me suis employée tout entière à leur consolation.

Si ces deux personnes n'étoient pas irré-^ prochables , du moins étoient - elles bien bonnes et bien sensibles; l'amour seul avoit pu les égarer.

Si la délicatesse ne permet pas qu'on entre dans de pareils secrets, tandis que la faute subsiste , l'indulgence doit être sans bornes pour des foiblesses passées , dont il ne reste que le malheur et le remords. La vertu est toujours douce et tolérante; elle plaint les suites malheureuses des foiblesses qui lui sont le plus étrangères ; il n'y a que l'hy-r pocrisie qui spit inexorable.

. Pour rendre ses jmis heureux , il est en-*çore hien essentiel d'abjurer avec eux tout amour-propre. L'unité d'intérêt , si nécessaire et si douce à deux cœurs qui s'aiment, est tout à coup troublée par les mouvemens de Tamour-propre. Dès qu'il se mpntre , il avertit qu'on est étranger l'on à Fautre , et que non-seulement Jes intérêts sont différens, mais encore qu'ils sont opposés.

Eh ! comment peut-on désirer d'avoir de l'avantage sur ce qu'on 31111e ? Unpvapitp si

bE «AD AME ***. 24 j

hors de place a quelque chose de puéril, et de ridicule : il faut aimer bien peu et bien înal pour en être susceptible. L'amour-pro^pre ne peut se mêler long-temps à l'amitié sans la corrompre et la détruire, c'est son plus grand ennemi. Les gens, qui aiment bien se conduisent mieux pour le bonheur ; ils placent pour toujours leur amour-propre sur la tête de leur ami , comme on place sa fortune à fonds perdu , pour en doubler la jouissance.

On doit parler plus souvent à ses amis de ce qui les touche que de ce qui les intéresse personnellement. Ce précepte , adopté des deux côtés , établiroit une égalité convenable pour tous.

En l'écrivant, cela me fait songer que je ne l'ai observé qu'avec les femmes*. Avec elles, je n'ai presque jamais été occupée de moi , dans les temps même où mon cœur oppressé avoit le plus grand besoin des épanchemens de la confiance. Pour peu qu'elles me parussent occupées, je renfermois ma peine et me livrois en entier à les écouter et à leur répondre. J'ai passé dix ans à entendre une de mes amies me conter ses vapeurs , et pendant ce long espace je ne

lui ai pas parlé de moi dix fois. Dans quelques chagrins que je fusse, je n'en disois mot ou n'en parlois qu'un instant. Au contraire, avec les hommes, excepté un seul à qui j'ai parlé de ses affaires, bien plus que des miennes, parce qu'il n'entendoit rien à ses intérêts , et étoit comme un véritable enfant qu'onn'oseroit laisser aller tout seul: avec les autres, je m'accuse de leur avoir presque toujours parlé de riioi , et bien rarement d'eux-mêmes. Ma faute vient de ce qu'ils m'ont gâtée sur ce point ; ils me marquoient une sorte d'amitié qui s'occupoit toujours de mes intérêts, comme de ce qui les tou^ choit davantage. Il sembloit que les plus petites choses cpii me concernoient; étoîenf pour eux des événeiaens d'une grande importance , et d'un tout autre ordre que ce qui arrivoit aux autres. Être toujours l'objet de l'intérêt, est chose si douce, qu'il me paroît impossible qu'il existe au monde un courage capable de s'en défendre. Pendant beaucoup d'années , l'égalité n'existe point entre des personnes de sexe différent : de la part des hommes , il y a toujours de l'amour , du goût , ou , du moins , une espèce de galanterie toujours prête à devenir atnour r

si les circonstances la favorisent : ainsi , ton- ~ tes ces déférences sont naturellement de leur côté.

. Ayant eu dans ma vie beaucoup de chagrins , et me trouvant toujours dans des situations pki6 fâcheuses que celles où étoient Sues amis, j'ai continué à me laisser aller par le chemin où ilsiaeconduisoient : ainsi, avec eux , nous parlions presque toujours de moi.

Je suis bien aise d'y avoir pensé, pour me réformer sur une habitude qui ne me convient pktà. Quand o» a perdu la jeunesse et les grâces , il faut renoncer aux avantages qu'on n'accorde aux femmes qu'à ces tkres , et se bien dire que ce n'est phu qu'à la politesse qu'on doit quelque^unes des déférences qu'autrefois <Hfc±*0btenc£t toutes, du goût. t> "

Je renonce donc pour toujours à ma supériorité comme femme. C'en est fait, j'abdique mon empire, et je rentre dans l'égalité avec les hommes. <ro

Pour plaire à ses amis, il faut avoir les mêmes qualités qui rendent aimable dans le monde : la seule différence , c'est qu'il est nécessaire pour l'intimité que ces qualités «oient permanentes, profondes et assez fortes

pour soutenir l'épreuve de tous les moinens.

Il faut, avec ses amis, ajouter à l'abandon de l'esprit, toujours amusant en société, l'abandon du cœur, qui rend toutes les conversations intéressantes ; au naturel de l'esprit et des manières , qui plaît en toutes circonstances, la franchise qvii met à découvert toutes les pensées. Ce ne sont pas seulement des secrets qu'on confie à son ami, c'est son âme qu'on lui montre tout entière.

Les égards délicats sont la politesse de l'amitié ; si elle s'en dépouille jamais , elle perdra toute sa fleur et tout son charme , et il n'est point de petites pertes pour le sentiment ; ce qu'on lui enlève , nuit encore à ce qui reste.

La familiarité a des bornes que l'intimité ne doit jamais franchir. Sans doute il fant être fort à Taise avec ses amis , la liberté est un des charmes de leur commerce ; mais tout doit s'arrêter au point où l'on cesseroit de paroître sous un jour agréable, si on alloit plus loin.

Il y a bien du plaisir à louer son ami , il y en a beaucoup à être loué par lui ; les louanges de l'amitié , moins séduisantes , mais plus jsûres et plus flatteuses que celles de l'amour , sont un moyen innocent déqplaire

h l'ami qai est sûr qu'on ne voudront pas plus le tromper pour lui faire plaisir , que pour lui nuire.

Les âûies sensibles aiment à trouver des Sujets d'éloge , même dans les personnes qui leur sont étrangères; cependant les qualités qu'elles louent en elles , ne peuvent leur être d'aucun avantage; c'est seulement le goût de ce qui est bien et le plaisir d'obliger , qui les animent

Quelle différence , quand on découvre de nouveaux sujets d'éloge dans l'âme de son ami ! tout ce qu'on y voit de qualités estimables, on en jouira. Ce n'est plus une chose étrangère à soi , c'est un bien personnel , une acquisition qu'on vient de faire pour le bonheur. Comment ne loùeroit-on pas ses amis avec transport fleurs vertus assurent notre félicité: elles méritent bien plus de reconnoissance que leurs services.

En parlant de la louange, je ne songe pas à proscrire la flatterie , je ne la suppose pas. Toujours vile avec tout le monde, elle deviendrait criminelle dans l'amitié , puisqu'on n'auroit d'autre moyen de s'en défendre que la mauvaise opinion de ses amis.

On ne doit songer à plaire que par ce qui I est vrai : c'est le seul moyen de plaire tou- I

l^O' COlfFESSlOKS'

jours. Tonte fausseté devient à la longue une absurdité , parce que aucun artifice ne soutient l'épreuve du temps.

\ II y a des gens qui veulent qu'on les aime, bans rien faire pour les autres , sans se dan-' lier la moindre peine pour être aimables. Ik demandent l'impossible, ils ne l'obtiendront pas.

On peut dire tout Ce qu'on voudra ; mai* si l'on sonde son cœur , on sentira que l'in~> rclination n'existe jamais que pour ce qui est 'aimable. L'amitié qui n'est point entretenue par les mêmes moyens qui l'ont fait naître, se refroidit nécessairement; chaque «flfet |& $a cause et ne peut exister sans «lie.

A quoi l'amitié est -elle réduire quand l'ami ne plait pas ? A un« condùite'ràisolinée, au désir d'obliger, à des procédés, à Une sorte d'intérêt que l'habitude £t les convenances font naître, mais que le sentiment &'anime pas.

En parlant de la nécessité de plaire et d'être aimable pour être aimé , je crois m' être assez expliquée , pour qu'on ne me soupçonne pas d'avoir songé à des agrémens frivoles , puisque j'ai dit que dans le monde les véritables moyens de plaire prennent leur source dans les qualités de l'âme V a nkis

. DE MADAME ***. "~ ±5f

forte raison dois- je les regarder comme lé fondement de tout ce qui attache. Je prends le mot aimable dans «a première acception : Aujourd'hui il ne signifie plus qu'être amusant ; pour moi il signifiera toujours se faisant aimer. Et comment parvient-on à se faire aimer? N'est-ce pas par le plaisir et le bonheur qu'on procure? Je ne connois»

point d'autre moyen d'attacher ; et pour* établir dans toute liaison le bonheur et le plaisir , n'est-il pas nécessaire d'avoir des qualités solides, animées par un coeur qui sente et qui exprime toujours le désir d'obliger ce qu'on estime, revêtu de ce qui at-tire ? Voilà comment l'amabilité se compose;

L'opinion que l'amour passe toujours et que l'amitié est éternelle, est un de ces vieux préjugés qu'on adopte pour quelque apparence de vérité , sans examiner s'ils sont vrais dans tous les points qu'ils renferment.

Sans doute, il est bien rare que l'amour dure toute la vie , la constance appartient plus à l'amitié ; mais quelquefois elle s'altère et finit comme l'amour. Si l'estime est détruite, l'amitié est anéantie.

Si en conservant les qualités essentielles , ©n montre une tiédeur habituelle , ou bien caractère , développé et corrompu pair

les circonstances, devient difficile, épineux f personnel, d'un commerce désagréable , on affaiblit et même on parvient bientôt à éteindre tout sentiment.

Pour conserver à l'amitié toute sa vivacité et tout son charmé, il faut que les momens que nos amis passent auprès de nous ," soient remplis de tant de douceur, qu'ils se plaisent à en rappeler le souvenir. Plus leur mémoire sera remplie de ces souvenirs, qui font époque pour le cœur , plus ils sentiront qu'ils nous aiment et qu'ils ont besoin de nous aimer. Les jouissances d'un être intelligent ne sont jamais bornées au moment actuel ; le passé et l'avenir sont nécessaires à leur complément. C'est le souvenir du bonheur qu'on a goûté dans une liaison , qui rend sa perte impossible à supporter ; quand la t comparaison du passé détruit toujours l'effet du présent ; quand aucune situation ne pourroit remplacer celle qu'on a perdue, qu'est-ce qui pourroit consoler?

Mais si on a eu peu de plaisir dans une liaison , si elle a causé des chagrins , si les souvenirs qui en restent ne rappellent pas des situations heureuses , quelque cher qu'en fôt l'objet , on se consolera plutôt de la voir détruite. Perdre le plaisir d'aimer, causç

DE MADAME ***. î53

toujours un regret bien sensible ; mais en perdre le bonheur, voilà ce qui rend inconsolable.

Les gens qui se reposent avec leurs ami$ des soins qu'ils prennent pour plaire dans le monde , entendent bien mal leurs inté*?

rets : ils n'aiment point et ne sont point aimés. Si par hasard ils sont riches ou puissans , ils s'entourent de complaisans auxquels ils prodiguent le nom d'amis : ces habitués de leur maison y viennent régulièrement tant qu'ils s'y trouvent mieux qu'ailleurs, sans se soucier du maître, qui les voit avec la même indifférence. Pour des hommes de ce caractère , des amis ne signifient autre chose que des gens qui sont toujours là , avec lesquels on est absolument libre de montrer tous ses défauts , de prendre tous ses avantages , enfin d'être parfaitement ridicule sans conséquence.

Ce degré de l'oubli de soi-même ne peut exister que dans les situations où l'on jouit de sa supériorité ; mais dans toutes les positions , il n'arrive que trop souvent qu'on regarde l'amitié comme une raison d'abjurer toute gêne , de négliger tout moyen de plaire et de laisser tous ses défauts en pleine liberté,

comme si l'amitié étoît une acquisition qui f faite une fois, n'a plus besoin d'être cultivée pour se conserver en valeur.

Je le dis à regret , car e'çst à la honte de l'humanité ,, on a vu des hommes capables de donner la préférence à des étrangers qui se treuvoient en concurrence avec leurs amis, non pas pour des bagatelles, mais pour des services important où il étoit question du repos de toute leur vie.

Il y a de vieux amis qui passent leur temps à se contredire et à se quereller sur tout ce qui se rencontre : ces gens-là font peur de l'amitié. Insupportables l'un à l'autre, ue s'aimant plus , se tourmentant sans cesse et ne pouvant se séparer, quel est le secret du lien qui les attache? C'est la liberté de se livrer à toutes leurs humeurs , de se laisser aller à être tout aussi désagréables qu'ils ont besoin de l'être , «ans rien perdre l'un visà-vis de l'autre.

Mais à quoi m'occupé-je? Je veux parler de l'amitié, et je me livre à peindre les ahus que l'on commet en son nom ; c'est mon respect pour le sentiment le plus estimable qui a excité mon indignation. Je quitte un su jeteur lequel je me suis arrêtée trop long-

DS MADAME ***. î55

temps , et je vais poursuivre ma tâche , eu examinant les moyens de bien vivre avec ses amis et de les fixer.

Celui qui a dit : « Ce n'est point avec nos ennemis, mais avec nos amis qu'il nous faut apprendre à vivre , » a énoncé , sous la forme d'un paradoxe , iui£ très-grande vérité. En effet , pour peu qu'on ait de raison , iîest bien aisé de vivre en paix avec des gens qu'on n'aime point , à moins qu'on n'ait un amour» propre excessif. Il ne se trouve guère d'occasions où il soit possible de se fâcher contre eux; leurs défauts n'ont rien de commun avec notre cœw ; mais quand il s'agit écs personnes que l'on aime, tout prend dé la valeur, peu d'actions restent indifférentes. Presque toutes causent du plaisir eu de la peine; et si des bagatelles affectent, comment supportera-t-on des défauts considérables? Si on voit que ses amis aient une conduite qui peut leur nuire, sera-t-il possible de l'endurer sans rien dire? S'ils ont des torts avec nous , sera-t-il en notre pourvoir de cacher le chagrin qu'ils nous- causent? Leurs défauts troublent tout le plaisir que nous goûtons avec eux ; même dans les temps où ces défauts ne se montrent pasj Jteffet qu'ils ont produit se fait encore sentir :

non-seulement on s'en souvient, maïs encore on en craint le retour. Si , par exemple , on a surpris quelques instans de dissimulation dans son ami , la confiance qu'il nous montre ne produit plus le même plaisir ; on n'est jamais sûr qu'elle soit entière et sans réserve. Une seule preuve de mauvaise foi étend le soupçon sur tout ce qui se passe «entre des amis; un mensonge peut empoisonner toute la douceur de leur vie. Les défauts qui rendent désagréable dans le commerce, moins graves dans leur principe, n'affligent pas autant ; mais ils éloignent peut-être davantage, parce qu'ils se montrent plus souvent ; enfin , ce n'est qu'à force de raison et d'expérience qu'on peut parvenir à être tolérant , quoique fort sensible ; mais c'est toujours aux dépens de l'amitié qu'on s'instruit sur la nécessité d'avoir de l'indulgence. Pour* ♦feussir à acquérir une qualité qui coûte si cher, il faut se bien pénétrer de cette triste vérité , que tout est imparfait ici-bas , même les amis et l'amitié ; qu'ainsi ce seroit une folie d'attendre une espèce de miracle pour jouir de la douceur d'être attaché à quelque chose.

On se dispose à la tolérance, en voyant combien elle est nécessaire au bonheur. Si

*>n gâte ce qu'on possède, par le regret de ce qui manque, on agît contre soi; et en s'occupant d'une chimère , on se prive d'une réalité. On se dispose encore à l'indulgence par cette pensée , que si les défauts qu'on doit tolérer sont légers, elle sera bien facile; et que s'ils sont trop fâcheux , l'amitié diminuera ; qu'ainsi ils deviendront plus aisés à supporter.

Ne rien exiger de ses amis, c'est un grand moyen d'assurer la paix dans le commerce ; mais si on les aime beaucoup , comment aura-t-on la force de se taire sur ce qu'on désireroit qu'ils fissent pour nous rendre heureux ? Quand on porte dans son cœur le vœu continuel de leur bonheur, il paroît si naturel et si juste qu'ils aient pour nous la même pensée ! .comment garder un silence qu'on a tant d'envie de rompre? La raison l'ordonne en vjtm, tous ses efforts sont impuissans ; il n'y a que ce qui touche le cœur qui puisse lui commander. C'est en opposant rintérêt du sentiment à ses désirs que Ton parvient à les vaincre ; on n'exigera rien de ses amis , si on songe à la possibilité d'un refus et au chagrin qu'on en ressentiroit quand une fois on a exprimé ce qu'on -désire. Quand on a marqué ce qui rendrait a* 22

heureux ,~ toute démarche contraire à nos?

vœux devient un tort de la .part de notre ami : si nous avons un sacrifice à lui demander, arrêtons -nous par cette pensée que nous allons courir le risque de le rendre coupable aux yeux de l'amitié ; au lieu qu'en gardant le silenee, nous pourrions conservée l'idée flatteuse qu'il auroit consenti , si nous eussions parlé.

Ce qu'on obtient par l'exigence peut éviter des peines, mais ne donnera jamais unvéritable plaisir à une âme délicate. Elle sentira toujours que les sacrifices accordés a la prière ne sont pas donnés immédiatement à l'amitié , et qu'il est vraisemblable qu'ilsn'eussent jamais été faits si on ne les avoit pas demandés.

N'exigeons donc rien de nos amis ; en laissant faire leur cœur , nous serons sûrs que tous les dons qu'ils nous offrent sont purs çt dignes du sentiment que nous avons pour eux. Alors /aucun nuage ne troublera notre jouissance; elle sera entière, et nous nousapplaudirons d'une réserve qui nous a mis à portée de eonnoître toute l'étendue de leur attachement pour nous.

C'est par de semblables considérations que le sentiment -pourra parvenir à se conduire

DE MADAME **'*t iSg

avec sagesse; il donnera au bonheur ce qu'il auroit toujours refusé à la raison. ' r

Si j'ai proscrit l'exigence dans l'amitié; ce n'est que comme une chose dangereuse, et non pas comme mte chose injuste. Celle qui naît du sentiment ne demande que ce qpi est nécessaire à son bonheur ; elle n'exige qu'autant qu'elle donne : ainsi elle est fort juste , et il n'y a que la prudence qui puisse la condamner.

Pour la véritable exigence, celle qui n'a d'autre cause que l'amour-propre , elle est véritablement haïssable. C'est l'injustice appliquée aux petites choses et 7 & reproduisant continuellement sous mille formes différentes ; elle subjugue les âmes fbibles et les attache sans amitié ; elle révolte les gens raisonnables -et ne lettr inspire que du mépris* Sans le commerce du séiitiment, elle peut tourmenter long-tertajtë un cœur sensible, qui neja voit querconkne un excès de délicatesse dont la cause est précieuse , quoique l'effet soit fâcheux ; mais dès que l'illusion cesse, l'indignation lui succède, et l'on rougit de n'avoir été qu'uii esclave , tandis qu'on se croyoit un ami. Cette espèce d'exigence prouve une vanité sotte et puérile ; injuste danssçsiinotifc , tyrannique dans ses moyens ?

2$0 CONf ESSlb&S

elle doit inspirer le plus grand éloignement ; dès qu'elle est connue.

Mais revenons à notre objet, dont nous nous sommes écartée trop long -temps.'

S'il y a de l'imprudence à exiger quelque chose de ses amis , il y a du danger à leur faire des reproches. ï*our conserver leur attachement , il faut glisser sur tous les petits sujets de mécontentement , et ne jamais se plaindre que pour des torts qu'il est absolument nécessaire d'arrêter , parce qu'ils détruiraient l'amitié ou blesseroient trop fortement les convenances. ■ '

Ce précepte, donné uniquement au maintien de la paix, est très-contraire à l'amitié; on ne peut le suivre sans qu'elle s'affoiblisse , et jamais je n'aurois pu me résoudre à le placer ailleurs qu'à l'article où il s'agit de chercher les moyens de conserver ses amis.

Dans cet examen , c'est la raison qui doit être consultée ; les conseils qu'elle donne , toujours sûrs, mais rarement agréables, ne sont écoutés qu'après' une longue esqpérience; et quand on est arrivé au terme où il ne reste que la vérité, on est, à quelque âge que ce soit , déjà parvenu à la vieillesse. Il faut dire adieu aux plaisirs; ils disparaissent avec l'illusion : ' et alors on est réduit à se

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composer, à force de raison et de travail, une espèce de bonheur qui se borne à éviter des chagrins et à vivre tranquille.

, L'amitié qui n'ose se plaindre , toujours arrêtée dans ses mouvemens, perd bientôt sa vivacité et tous ses charmes ; dès qu'il y a une réserve, elle n'est plus entière; d'ailleurs , en ne se plaignant jamais , rien ne s'efface, chaque tort s'aggrave par les torts qui l'ont précédé, et tous pèsent à la fois sur l'amitié. Au lieu qu'en ouvrant son cœur , en disant naturellement tout ce qui le blesse ou l'afflige, le soulagement de la plainte d'un côté, le repentir de l'autre, adouciroient toutes les offenses. En est-il que le repentir n'efface ,* quand il est égal à la faute?

Voilà quelle conduite je désirerois que mes amis eussent avec moi : je les ai toujours priés de se plaindre tant qu'ils en auraient besoin, en les assurant que jamais une plainte douce ne me lasseroit, fût-elle injuste et longuement prolongée.

En effet , il est dans mon cœur de désirer qu'ils ne gardent rien contre moi. Si mon ami s'afflige pour quelques torts qu'il me suppose , je l'écouterai et je lui répondrai jusqu'à ce que je l'aie consolé : tout ce que je demande, c'est que sou chagrin vienne

d'amitié , qu'il ait besoin de se plaindre ef non pas de quereller, que son expression soit douce, sensible et sans humeur : à ces conditions , ma patience n'aura point de bornes. Je l'ai éprouvé pendant une année entière , où une de mes amies me fit des reproches sur une chose que je n'avois jamais faite. Je l'ai écoutée tous les jours sans montrer un seul mouvement d'impatience , toujours occupée de la convaincre qu'elle s'étoit trompée. Son idée et son procédé avoient de l'extravagance; malgré cela, jfe l'auroïs endurée encore, si, au bout de Tannée , elle u'avoit pas enfin acquis par elle-même la preuve de sa folie.

Mais , mât façon de penser ne peut servir de *ègle à personne , et quoique la réserve nuise à l'amitié , elle sera toujours nécessaire avec le plus grand nombre des hommes; presque fous , si on leur proposoit l'option , choisiroient d'être moins aimés , ponrvu qu'on ne les blârpât guère.

Pour avoir la force tte renfermer en soi , tout ce qui fâche ou qui blesse , il faut se l'appeler quel a été Fefltet .des reproches quand on s'est laissé aller à en faire. L'amourpropre, qui ne peut supporter le blâme, s'est irrité ;. on a répondu avec aigreur *u, bien

*E MADAME ***. l63*

on a montré urite froideur plus piquante encore que Thumeur; souvent d'accusé , on est devenu accusateur en traitant la sensibilité de difficulté dans le caractère ; enfin de nouveaux torts se sont ajoutés au premier , et la personne qui espéroit trouver du soulagement dans sa plainte, et s'en retourner consolée par la justification ou le repentir' d'un ami , se retire encore plus mortifiée et plus mécontente qu'elle tfétoit avant de se' plaindre. Le reproche a encore un danger t c*est d'aggraver les fautes qu'il ne peut arrêter, tl n'y a que les gens qui ne méritent point de reproches , à qui on pourroit en faire sans danger. Quofqu'on doive toujours travailler à éteindre en soi l'amour-propre ,« c'est ici le cas où ils est légitime de l'appeler à son secours : il fera sentir combien il est humiliant de se plaindre toujours sans produire l'effet qu'on demande.

Mais quelles tristes réflexions! on ne peutf les faire sans pleurer sur l'état où elles ré- r duisent l'amitié ; un sentiment qui ne s'a- Bandonne point à son gré , qui a besoin d'une' conduite raïsonnée, a perdu tous ses plaisirs^ et toute son énergie. Voilà le fruit, de l'expérience ; elle apprend à conserver plutôt qu'à jouir; elle agit comme un sage éco-

nome, qui ne balance pas à sacrifier la moiê tié de son bien quand cela est nécessaire pour sauver l'autre.

Si les reproches sont dangereux , les que- • relies sont odieuses, et on doit les éviter avec ; le plus grand soin , si on veut conserver ses amis. Ici l'amitié n'a point à se contraindre ; au contraire , elle n'a qu'à écouter ses mouvemens et ne point souffrir qu'aucun de ceux qui lui sont opposés vienne corrompre la - douceur qui lui est naturelle. Les alterca- ' tions laissent de fâcheux souvenirs , et élèvent des craintes dans un sentiment dont la confiance est la vie. On se montre sous une forme si désagréable quand on est en colère , on dit des choses si mortifiantes , que nécessairement l'amitié en est refroidie au moins pour quelque temps.

7 Les plaisirs si vantés du raccommodement ne m'ont jamais fait envie , à moins que la brouillerie ne fût fondée sur une erreur qui vient d'être éclaircie ; ils ne re- ■ mettent jamais au même état où l'on étoit I avant la brouillerie. Je trouve qu'un raccommodement ressemble à une convalescence , dans laquelle , quoique fort satisfait de revenir à la vie, on se ressent long-temps, y et quelquefois toujours, de la maladie.

Pour que l'amitié soit un bonheur , il faut •% pouvoir se reposer sur se& amis pour tous 1 les temps à venir, être intimement persuadé que l'union qu'on a formée avec eux n'aura d'autre terme que la vie. Cette sécurité serai-elle possible , si on a souvent des querelles aVec eux ? Ne verra- t-on pas toujours le / germe d'une brouillerie dans des scènes renouvelées et par là impossibles à soutenir ?

Si une fois on envisage la possibilité de se désunir, on ne fonde plus rien sur un senti ; ment qui a perdu sa solidité ; on n'a plus rien à en attendre pour la douceur de sa vie. Si le mal , devenu plus grand encore, force à pressentir qu'un jour cette désunion pourra devenir nécessaire, alors l'amitié est perdue, même bien avant la rupture.

Si l'oubli de soi-même est nécessaire pour se faire aimer en société , il est indispensable dans l'amitié. La personnalité n'admet jamais l'égalité; tyrannique ou insensible , elle est toujours peu sociable; on se dégoûte et on se détache des gens personnels, d'autant plus proœptement qu'on est plus capable soi-même d'un véritable attachement.

Plus il se trouve d'unité dans les sentimens , plus il y a de bonheur dans l'amitié ; prnais c'esj; à la nature à établir des rapports

entre les âmes, et on ne doit pas prétendre faire naître ceux qu'elle n'a pas créés.

11 ne faut pas exiger que l'opinion de nos amis soit semblable à la nôtre, parce qu'il seroit plus agréable que cela fût ainsi. C'est au liant des caractères à remplacer la conformité qui leur manque. La liberté de penser, la tolérance doivent être sans bornes dans l'amitié. Par quelle injustice osera-t-on s'irriter de ce que l'avis d'un autre diffère du sien , puisque cela ne peut arriver sans que l'adversaire ait le même sujet de se fâcher, s'il a le même amour-propre ? Marquer du .mépris pour l'opinion des autres, ou vouloir les assujettir à la sienne , ce sont deux espèces de tyrannie qui révoltent tout le monde.

S'arroger un droit sans titres quand cela n'attaque personne, ce n'est qu'un ridicule ; mais quand ce droit usurpé tend à rabaisser les autres au-dessous de soi, il devient une chose haïssable. L'égalité est la base de l'amitié; le despotisme la fait, fuir; et quand il s'exerce sur des bagatelles , il devient en quelque sorte plus insupportable,que quand il s'attache à des objets importans, parce qu'il se montre plus souvent , et aussi parce qu'il est ridicule de voir un grand mouvement s'appliquer à de petites choses : c'est

BE MADAME ***. ié^

itômme si on employoit mie massue pour écraser des mouches.

Dans le commerce de l'amitié, on doit considérer la diversité d'opinions comme une variété qui fournit à la conversation dans les momens où il n'existe point de sujet pour la confiance ; jamais elle ne doit exciter aucune aigreur.

Comment ne seroit-on pas doux avec les gens qu'on aime? Le bien-être qu'on goûte auprès d'eux djfpose si bien à la douceur ! A moins qu'ils ne blessent notre amitié par des traits d'indifférence ou de dureté, on ne peut jamais se fâcher contre eux. Les personnes qui peuvent s'irriter contre leurs amis pour des choses étrangères à l'amitié, aiment bien peu , et sont sûrement bien loin d'aimer dans le moment où, n'écoutant qu'un amour propre puéril , elles s'irritent contré eux pour des sujets dont l'objet est tout-à-fait indifférent. Il faut tâcher de bien connoître le caractère de ses amis pour ne jamais le contraindre. Il y a bien peu de sentimens qui aient assez de force pour l'emporter sur l'habitude, et on risque d'afïbiblir l'amitié en voulant lui donner plus d'intensité qu'elle n'en a naturellement. Le moyen le plus sûr pour conserver nos amis est de les laisser

agir avec nous entièrement à leur fantaisie; certains que si leur conduite peut affliger l'amitié , elle ne tardera pas à se mettre au niveau de ce qu'ils méritent.

Jusqu'à présent je me suis arrêtée aux choses qu'il est nécessaire d'éviter pour conserver ses amis, et je n'ai rien dit de celles qu'on peut faire pour les fixer : c'est que , quand il s'agit de conserver , il y a plus à éviter qu'à faire. Cependant , je vais dire , en peu de mots, ce qui me paraît prc^re à assurer la constance par des choses positives.

Un moyen infaillible pour fixer ses ami$ * ç'e§t de Se fendre nécessaire à leur bonheur, sous tant de rapports , qu'ils sentent l'impossibilité de pouvoir jamais nous remplacer.

Les hommes ne sont attirés que par l'espoir du bonheur , et ne peuvent être fixés que par sa jouissance : tant qu'ils seront heureux /ils seront nécessairement constans.

Le désir et la certitude d'être toujours aimés , sont des motifs bien puissans pour nous obliger à perfectionner et même à faire naître en nous les qualités qui attachent et rendent l'amitié heureuse. Une union toujours douce, toujours égale, et sans cesse animée par le désir de plaire et d'obliger ,

n'aura point d'autre terme que la vie. Si on vouloit être parfaitement aimé , il faudrait se faire aimer successivement dans tous les instans de la journée ; le moment actuel profite du moment qui le précède , et on est d'autant plus aimable qu'on Ta toujours ete.

Ne trompons jamais l'espérance de nos amis, même dans les moindres bagatelles :

si, en toute occasion, ils trouvent en nous tout l'agrément qu'ils en attendent , comment pourroient-ils se passer de notre présence?

Rien n'attriste tant qu'une espérance trompée; on ne sait plus que faire du temps qui n'est pas rempli par la chose désirée; on se déplaît, on s'ennuie, et on va jusqu'à s'affliger vivement*, si l'objet de l'attente en mérite la peine.

. Un commerce où les espérances seroient continuellement trompées , ne seroit qu'un long et douloureux chagrin. Abandonner et reprendre sans cesse un espoir qui ne se ranime jamais que pour s'éteindre; passer sa vie dans des secousses continuelles , quelle situation! Enfin, le terme arrive où, à force d'avoir été trompé par une attente toujours vaine , on n'espère plus rien de son ami.

1+jO CONFESSIONS

A cette époque , l'amitié, usée par de fou-* gués souffrances, touche à sa fin.

Pour être véritablement heureux par l'amitié , il faudrait trouver dans son ami une âme profondément sensible , un esprit raisonnable , un caractère doux , une humeur égale et une bonté à toute épreuve : cela est rare, et non pas impossible; mais parce qu'on n'a pas la félicité , faut-il dédaigner un bien réel ? Il est de la sagesse .de priser tout ce qui est bon, même dans ks moindres degrés. On ne fait point ses amis tels qu'on les souhaite; il faut les prendre tels que la nature nous les donne, et, quand ils nous aiment , s'accommoder de la manière dont ils nous aiment , remplir vis-à-*vis d'eux tous les devoirs de l'amitié , les attacher par la vertu et les fixer par le bonheur, -

Avec un ami unique , intime , il n'est plus besoin de loi ni de conduite ;• tout >es€ compris dans le mot aimer. Un denl bonheur suffit à deux âmes qui neaa font yfas qu'une. >

. Mais* pour aimer dé toutes $6* facultés , pour que le coeur soit touché par tebs les points où il peut être sensible, il faitf rencontrer uaa âme assortie à là sieane , («ut à soi comme on est tqut à jeHe., ûtpotkvuir

Ê£ MADAME ***.* ÎJI

dire avec Montaigne , en parlant de son ami : « Je4'aime , parce que c'est lui, parce que » c'est moi. » Dans cette union * unique bonheur de ce monde, il n'existe ni vous ni moi; tout est ira , et la félicité est complète. Heureux , mille fois heureux les hommes qui l'ont possédée! et cruellement à plaindre ceux dont le coeur la sent , l'appelle, est capable d'en jouir et s'en voit toujours privée! . Résumons ces réflexions. Les vrais moyens de plaire ont leur source dans les qualités de l'âme; il faut la perfectionner si on veut se rendre aimable. Dans quelque relation que ce soit , en. société , en famille, avec ses 3mis, ses enfans, et nienie dans son domestique, on n'est jamais aimé que par les côtés eu l'on est aimable , de la manière propre à chadun«:dfi ses frelations; et, dans 1 toute situation donnée r oh est toujours plus heureux selon qu'on a plus de vertus et moins de défauts. , .. . > v

Il faut donc travailler à développer en soi toutes les qualités sociales. Il en est de plus nécessaires au bonheur de telle ou telle relation. Dans le monde , par exemple , c'est la bienveillance dont l'effet est le plus constamment senti ; elle attire et dispose favorablement tous les cœurs. En famille , la

H'Jl CONFESSIONS DE MADAME ***.

raison est la qualité la. plus nécessaire. La famille est une espèce de république où les devoirs respectifs doivent être connus et remplis avec exactitude, tels .que l'obéissance pour les chefs , l'affection pour les inférieurs, la justice pour tous , un concert de volontés pour le bien général. >

La raison peut seule établir la législation propre à la famille : celle où la raison ne régne pas , tombe dans une espèce d'anarchie ; on ne peut y espérer ni concorde, ni paix , ni bonheur.

En amitié, c'est la sensibilité qui est indispensable. San3 elle , que reste-il aux attachent ens? Ils sont bien foibles, bien arides; ce n'est plus que le produit de l'habitude :

il n'appartient d'aimer qu'aux hommes sensibles ; eux seuls connoissent et peuvent faire goûter le bonheur de l'amitié;

. Ici finit le manuscrit

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