‹ Confessions notes autobiographiquesChapitre 40 sur 52 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

le crépuscule rouge et noir d'une étouffante et menaçante soirée d*août chargée d*odeur8 moites et d'électricité. La foule, d ordinaire circulant insoucieuse et plutôt gaie à ces heures

dans ces parages, stationnait auprès des kiosques à journaux» et c'était, du fiacre qui aouà emportait aux confins de la Rive droite, des gesticulations fiévreuses, doigts en Pair et têtes branlantes... La Renommée aux cent bouches assombrissait ses mille voix vocératrices plus ou moins sincères de bonnes et mauvaises nouvelles, toutes alarmantes d ailleurs... pour moi surtout. Ah ! il ne manquerait plus que çà !

Portrait de Paul Foucher

EN dépit de mes reproches intérieurs (car à quoi bon alarmer cette enfant, sans raison peut-être ?) je ne pus m'empêcher, dès le lendemain soir, dans un entretien véritable* ment passionné, de faire part à Mathilde de mes tristes pressentiments auxquels elle prit une part qui me navrait ensemble et me charmait.

Pour, ncannioins, écarter les trop sombres préoccupations, elle et moi nous occupâmes, des menus détails en vue de la cérémonie de dans quelques jours. La couturif ri' dut cii voir de grises et je ne laissais aucun rep&s au tailleur. En même temps je tâtaîs ma future, avec laquelle je me promenais depuis longtemps, sous l'égide de sa mère» les jours de loisirs depuis longtemps, oui, car je me rappelle comme d*aujourd'hui, avoir vu cette année-là le

-dernier bœut gras et le dernier chie-en- lit sérieux, passer, sous un grésil des plus mémora*

bles, sur cette glaciale (ou torride) place de la Concorde, — je tàtais» dis je, discrètement ma tuturc sur les. cadeaux qu'elle voudrait bien accepter dans la modeste corbeille de noces que je lui destinais avec le regret que celle-ci ne pût être « tout au moins » royale, et nos stations aux devantures des bijoutiers et des magasins de linge fin étaient sans nombre.

Tout allait donc au mieux pour nous et le ■matin de Tavant veille de la date bénie put contempler mon réveil ravi, mon allée allègre •au bureau après le meilleur baiser donné à ma mère, un peu soucieuse, elle aussi, à cause des nouvelles de la guerre et de leur influence pro« bable sur les délibérations des Chambres, mais enchantée de ma présente belle humeur; enfin, mon zèle administratif, objet de Tadmiration «légèrement inquiète de mes collègues qui n*en avaient jamais tant vu de ma part et de mes chefs littéralement ahuris.

Oui, tout allait au mieux, quand vers la fin <le la journée bureaucratique, aux environs de

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