LA MAISONNETTE
Mêlons-les bien; le ciel nous donne fête; La lune y traîne un magique flambeau.
Oh! laisse-moi goûter ce soir si beau Dont la fraîcheur s'argente sur ta tête.
Comme ils ont vite effacé nos douleurs
Tes doux baisers sous nos berceaux en fleurs l
Tu vis pour moi , ma gracieuse épouse ; La maisonnette est là qui nous attend; D'un long retard , ce soir elle est jalouse , Vois-tu son mur de blancheur éclatant?
Viens ; ces lueurs , où le lointain se noie , Leur mol éclat , nous caressent si bien ! Tant de candeur vit en cet entretien î Mon cœur a peine à respirer sa joie.
Comme ils ont vite effacé nos douleurs
Tes doux baisers sous nos berceaux en fleurs ï
Lia MAISONNETTE, i57
Le son sYndorl dans la luise embaumée ,
Les rossignols le bercent de leurs chants;
Une moiteur de parfums animée
Fait harmonie a ces accords touchait*,
Le courant d'eau frissonne dans les plantes,
Kt la lumière est ici demi-jour;
Notre atmosphère est-elle ivre d'amour?
L'amour pleut-il des étoiles brillantes?
Comme ils ont vite effacé nos douleurs
Tes doux baisers sous nos berceaux en Heurs î
Bénissons Dieu qui nous fait cette ivresse ,
Elle s'épure en s'élevant à lui ;
Il nous menait par des jours de tristesse
A ce bonheur qui nous charme aujourd'hui :
Tout nous sourit dans notre humble ermitage,
Amis, païens, ce berceau qui te plaît,
Nos gais festins, nos fraises, notre lait,
Et ces loisirs qu'il faut que l'on partage.