‹ Confessions poétiquesChapitre 15 sur 38 · LA MAISONNETTE · texte numérisé non relu

LA MAISONNETTE

Mêlons-les bien; le ciel nous donne fête; La lune y traîne un magique flambeau.

Oh! laisse-moi goûter ce soir si beau Dont la fraîcheur s'argente sur ta tête.

Comme ils ont vite effacé nos douleurs

Tes doux baisers sous nos berceaux en fleurs l

Tu vis pour moi , ma gracieuse épouse ; La maisonnette est là qui nous attend; D'un long retard , ce soir elle est jalouse , Vois-tu son mur de blancheur éclatant?

Viens ; ces lueurs , où le lointain se noie , Leur mol éclat , nous caressent si bien ! Tant de candeur vit en cet entretien î Mon cœur a peine à respirer sa joie.

Comme ils ont vite effacé nos douleurs

Tes doux baisers sous nos berceaux en fleurs ï

Lia MAISONNETTE, i57

Le son sYndorl dans la luise embaumée ,

Les rossignols le bercent de leurs chants;

Une moiteur de parfums animée

Fait harmonie a ces accords touchait*,

Le courant d'eau frissonne dans les plantes,

Kt la lumière est ici demi-jour;

Notre atmosphère est-elle ivre d'amour?

L'amour pleut-il des étoiles brillantes?

Comme ils ont vite effacé nos douleurs

Tes doux baisers sous nos berceaux en Heurs î

Bénissons Dieu qui nous fait cette ivresse ,

Elle s'épure en s'élevant à lui ;

Il nous menait par des jours de tristesse

A ce bonheur qui nous charme aujourd'hui :

Tout nous sourit dans notre humble ermitage,

Amis, païens, ce berceau qui te plaît,

Nos gais festins, nos fraises, notre lait,

Et ces loisirs qu'il faut que l'on partage.

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