SUR UN TOMBEAU
Espérez et priez, vous que ce monde blesse; La douleur est pour l'âme un titre de noblesse.
En cor si l'on savait le secret de la tombe : Si l'àme s'élevait, ainsi qu'une colombe, A travers le ciel bleu , vers cette immensité Où Dieu jouit du tout et de l'éternité ! Si l'âme , se trouvant sous la forme d'un ange , S'enivrait à jamais de bonheur sans mélange;
i92 RÊVERIE.
Si, rejetant la coupe où l'on boit tant de fiel, Les âmes qui s'aimaient se revoyaient au ciel ! Si des mondes roulans l'ineffable harmonie, La majesté de Dieu, sa puissance infinie, L'orgueil d'être immortel, de voir créer sans fin, D'unir son chant d'amour au chant du séraphin; Si les plaisirs sacrés du céleste domaine, Qui n'ont pas eu de mots dans toute langue humaine, Dont notre esprit a soif et qu'il ne conçoit pas, Se montraient devant nous au-delà du trépas!