‹ Confessions poétiquesChapitre 30 sur 38 · DANS LA VALLÉE · texte numérisé non relu

DANS LA VALLÉE

La brillante saison ! Le jour succède au jour Sans cesse radieux, imprégné de bien-être; Le vent dans les taillis se glisse avec amour ; Le saule incliné pleure en caressant le hêtre ; Les arbres sous mes pieds s'abaissant en gradins, Sillonnant les coteaux , font d'immenses jardins Resplendissant de toi, Grand -Etre!

Toi , qui vis de ta paix et de ta majesté , Toi, qui brilles dans nous quand notre esprit est sombre, Qui revêts le néant d'une immortalité, Et des mondes flottans sais l'espace et le nombre; Toi, qui, jetant la force à notre infirmité, Pour un soupir d'amour donne une éternité , Et fais les soleils de ton ombre.

De ce tableau si frais , de ce doux bercement , De cet éclat divin dont l'horizon s'enflamme , De cet air qui me verse un mol enchantement , De ces bruits séduisans comme une voix de femme;

DE WÈVRE.

De ce beau jour qui fait pur et dâicieui , De la lérénitë <jui plane dam lei cicux, Rien ne sera 't-il en mon Ame?

Oui, je sens le bunlieur enfin renaître en moi,

De ce calme brillant j'ai l'àme reposée,

Je pressens l'autre vie, en l'Eternel j'ai foi;

L'espérance verdit par le ciel arrosée

Si l'on voit ses enfans par nations périr , La sainte humanité doit toujours refleurir : La foi , n'est-ce pas sa rosée?

tm-vm

Page 1