DEUX ÉCHELLES
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Je me disais un jour : — « Allons vers la science , (( Pour connaître le vrai consultons les savans , (( Leurs flambeaux chasseront devant ma conscience
« Tous ces demi-jours décevans. »
Et je courus vers eux palpitant d'un saint zèle , Comme si des élus l'hymne m'était chanté; Chacun d'eux s'écria : — Ma science est l'échelle
De l'éternelle vérité.
24o LES DEUX ÉCHELLES.
— Toujours vers Y inconnu l'homme cherche une route; Elle a toujours trompé l'essor de ses talens ? — Non , à la vérité montant de doute en doute ,
Il l'atteindra par ses élans ; Chaque œuvre du savoir est un degré sublime De l'échelle jetée aux espaces des cieux , Chaque effort du progrès s'enfonçant dans l'abîme
L'approche toujours de nos yeux.
— Eh bien! élançons-nous vers l'idéale échelle Qui portera mon âme en présence de Dieu;
Je ne veux regarder qu'à sa gloire éternelle, Aux autres sciences, adieu!
— Charmant par ses leçons mes heures solitaires, Je regardais toujours et n'apercevais pas ;
Les premiers échelons étaient tous des mystères Sans cesse croulant sous mes pas.
Par quelle loi secrète, en la sphère étoilée, Les corps s'attirent-ils sans jamais se heurter?
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Dana tes écarts fougueux , romcic échcwlrc , Qui tefail descendre ou monter?
Qu'est-ce que se mouvoir? Ri par quel phénomène
L'organe est-il à l'âme étroitement uni?
A travers les soleils l<- regard se promène; Mais l'infini , mais l'infini !
Déi inissez la foudre aux espaces ra\ie. Es- tu lame du tout, vaste électricité?
Qu'est-ce que ton essence? et qu'est-ce que la vie?
Qui te conçois, éternité !
11 la faut, monde , ouDieu (2)! . .Viens, mortel, ou fantôme, L'horizon qui te luit est-il mon horizon? Tu mesures les cieux, mais qu'est-ce qu'un atome?
L'atome écrase ta raison .
Abaissez ce savoir, qui toujours se prolonge , Des systèmes vers nous rapprochez mieux le seuil , La vérité d'hier est aujourd'hui mensonge; Tout se brise sous votre orgueil.