PRÉFACE. VU
Concevez- VOUS, maintenant, lecteur, tout ce que cette heure rappelle en moi de souvenirs, et comprenez -vous qu^elIe soit restée dans mon esprit, toujours solennelle et toujours émouvante?
Ces émotions, ces souvenirs, ne me sont point pénibles ; je les évoque, au contraire, et je m'y complais. Quelquefois même il arrive que, pour les prolonger, je me transporte mentalement sur mon théâtre. Là, comme jadis, j'agite la sonnette, le rideau se lève, je revois mes spectateurs, et, sous le charme de cette douce illusion, je me plais à leur raconter les épisodes les plus intéressants de ma vie d'artiste . Je dis comment une vocation se révèle, comment s'engage la lutte contre les difficultés de toutes sortes, comment enfin ....
Mais pourquoi de cette fiction ne ferais-je pas une réalité ? . . . . Ne pourrais-je pas , chaque soir , alors que huit heures sonnent , guidé par de fidèles souvenirs , continuer sous une autre forme le cours de mes représentations d'autrefois?. • . . Mon public serait le lecteur et ma scène un volume
Cette idée me séduit, je l'accueille avec joie, et me laisse aussitôt bercer par ces riantes illusions. Déjà je
YIII PRÉFACE.
me vois en présence de spectateurs dont la bienveillance m'encourage .... Il me semble que Ton attend .... que Ton écoute.
Sans plus hésiter, je commence
d'un