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Confins [par] Tristan Choiseul

Il y a longtemps que ton image dort i jamais dans lu source qui garde à peine le souvenir du tressaillement de tan corps, le témoignage de ion orgueil, le rire frais de ion ingénuité voluptueuse, et le cri d'agonie devant la chute irrémédiable d'une voûte d'azur peuplée de dieux éblouissants.

Narcisse, je joins, ce soir, les mains à l'évocation de cette image: je la prie, pour tout ce qu'elle a emporté avee elle, dans l'oubli; je l'implore, comme un pèlerin pieux, agenouillé auprès des symboles sacrés.

Ce qui lui survit, helas! n'est que le riwe d'un rêve, la coupe où se sont pâmées des

lèvres tremblantes d'ivresse, les /lambeaux e~ teints du plaisir, une nuit lente et calme, qui descend sur les plateaux tortures de la Terre.

... Narcisse, je me surprend.; à t'aimer au moment où je me délie de ton âme. J'étreins dans l'ombre ta figure effacée. Car n'étais-tu pas l'être de désir et de flamme? Participant au mystère <jui enveloppe 1er, êtres et les choses, le frère sanglotant de ces milliers de têtes juvéniles (iui. sur le ouste horizon en lambeaux, renversées par l'agonie, immorte llement pâles, strient l'azur vide et le comlamne.nl à je ne sais quel écrasant remords.'1

Voilà que maintenant, derrière les jardins de là ferre, la pensée découvre la vieillesse du Monde, et la souffrance, semblable à l'espace* illimité, devient infinie.

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