I. — LA PATRIE AI
pour ceux qui sont mûrs pour les mêmes émotions ; qu'il fût aussi mon excuse auprès de Œœux'qui-se refusent afro quétre; de son Pays est une force et un devoir.
L'Ame belge, multiple par les facteurs qui l'ont engendrée et influencée, me semble désormais unique en son essence, procédant de l'âme germaine et de l'âme latine, ces deux variétés les plus saillantes de la race aryenne, « essentiellement progressive, indéfiniment éducable,inépuisablement inventive, irrésistiblement colonisatrice >, dune si magnifique irradiation dans Îles nations européo-américaines ; cette race aryenne à laquelle la primauté du Monde semble dévolue. Elle m'apparaît teintée de l'une et de l’autre couleur, comme lés bandes intermédiaires, harmonieusement dégradées qui séparent les grands tons primitifs violents de l'arc-en-ciel.
Les langues qui se partagent presque exactement la nation mapparurent une expression simplement superficielle de dua-
lisme Si on pénéetre l'intimité dés caractères. des aspirations et des tendances, Si les deux idiomes se séparent nettement, les pensées, les instincts et les cœurs ne participent-ils pas d'une communauté de nature qui en forme le fond véritable et qui est le résidu précieux et immuable d'une communauté historique bi-millénaire? L'étranger le discerne mieux que nous. L'Allemand, en Belgique, se croit déjà dans un vague midi, le Français croit que le nord s'y inaugure.
L'amalgame des psychologies s'intensifie sous la diversité des sonorités verbales. Leur dualité, en ouvrant des ‘issues: et des portes d'arrivée, ici pour la civilisation française, là pour la civilisation allemande, et leurs productions intarissables, n'est-elle pas un inappréciable avantage et le facteur le plus énergique de la formation et de la solidification du caractere national? N'est-ce point une réalisation anticipée de la fusion intellectuelle et morale des nations de même race dans un avenir plus fraternel ; loin d'apparaitre