LA PATRIE
sion d'une résurrection plus brillante. La plate de l'Hôtel dé ville: de Bruxelles, €n sa superbe architecture, symbolisait pour mot cette destinée tragique et miraculeuse.
Bombardée par Villeroy, elle avait été instantanément rebâtie, plus artistiquement opulente, et la maison du Phénix, dressant son pignon orfévré, surmonté du mythologique oiseau dor prenant son envol du milieu des flammes : /wsigrior resurgo! le clamait à mon désir et à ma foi grandissante.
Par son évolution à travers les âges, d'une logique et d'un entètement historiques auxquels nul autre phénomène ethnique ne pouvait être comparé, la Belgique s'affirmait donc à mon cœur avide de trouver le secret de sa permanence, en nécessité mystérieuse que rien n'avait pu détruire et qui, sans doute, malgré les pronostics sinistres, cent fois prononcés, invariablement déjoués, était douée d'une durée indestructible.
Je me pris à y croire comme à un dogme!
La multiplicité des faits qui meublent son
singulier passé, la convergence stupéfante de leurs effets, la contradiction invariable entre ce qu'ils annoncèrent et ce qu'ils produisirent, le démenti perpétuel donné par le résultat aux prévisions, s’imposèrent avec un péremptoire de solution qui brisa Îles résistances du doute.
Et je sentis aussi qu'alors même que cette série d'épreuves et de preuves devrait prendre fin, qualors même qu'un avenir, moins bienveillant, devrait stériliser cette projection de chances heureuses issant toutes de mauvaises fortunes, 1] y avait dans cette croyance en la pérennité d'une nation minuscule une telle allégresse, une telle source d'entrain et de vaillance pour l'effort, pour l’action et pour la vie, que l’exaltant mirage était à maintenir quand même aux confins de mon horizon.
Ce tournoiement de réflexions a édifié en mor le séntiment-de la Pate. rc Fée lisme » fort et touchant. Je voudrais que le rapide récit que j'en trace füt une propagande