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IV. — LA POLITIQUE

ce régime, énigmatique soit, Mais insurmontable ? Et le mieux n'est-il point de le subir et d'emboiter le pas aux événements, non dans un sentiment de lâcheté ou de profit, mais dans un sentiment d'harmonieux abandon à l'Inévitable ?

Cette conception est le port où depuis quelques années j'ai jeté l'ancre. Indifférentisme de mon enfance, Sentimentalisme vague de mon adolescence, Libéralisme de mon existence universitaire, Progressisme des premiers temps de ma vie active, Radicalisme de ma maturité, Socialisme d'aujourd'hui, sont les avatars qui se sont succédé dans ‘ma pensée "inquiète ét toujours "en investigation. Quand le Parti Ouvrier belge, enfin doté de droits civiques par la réforme de la Constitution en 1893 et le Suffrage Universel, conquis mais mutilé encore par le vote plural, a inauguré son rôle parlementaire avec le risque de s'y résorber au détriment de son rôle économique autrement important, et quand, sans l'avoir désiré, sans

l'avoir demandé, sans une brigue et sans une démarche, je fus, en six années, trois fois élu au Sénat, dans cette assemblée comme ailleurs, j'ai continué à me livrer sans réserve aux suggestions intimes qui ainsi me travaillaient, ét je nai Jamais tenté de lés rectiner ou de les conduire. C'est ainsi que j'ai compris «€ la Politique », au sens noble du terme, non pas celle pour la conquête mesquine du pouvoir, pour les honneurs frelatés, pour les intérêts égoistes, celle des « politiciens » ; mais pour la conquête du Droit, la grande idée collective, généreuse et sociale, où lindividu s'oublie en pensant à la masse et qui apparait comme le plus haut devoir du Citoyen.

La sincérité et la loyauté de ces métamorphoses ne sauraient, me semble-t-il, être mises en doute si l'on considère, d’une part, ce que j'aurais pu être, au point de vue des communs avantages, de l'ambition, de l'argent, des honneurs, en devenant champion dans le camp des conservateurs libéraux ou

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