‹ ConfiteorChapitre 56 sur 105 · V. — L'ART · texte numérisé non relu

V. — L'ART

proques auxquelles je ne puis maintenant songer, d'une part qu'en souriant car Je perçois enfin leur frivolité et leur ridicule, d'autre part qu'en sentant monter en moi un flot de regret et de tristesse en dénombrant les malentendus qui les ont suscitées et les camaraderies qu'elles ont rompues où mutilées. Oh! lironique perversité que semble mettre l'Esprit masqué qui dirige le monde à faire servir les plus grandes choses aux mesquines et affreuses querelles entre les hommes |

La maturité apporta quelque apaisement dans ma manière d'envisager ces luttes.

Leur infécondité insensiblement se dégagea.

Une des visions principales à laquelle s'accoutumerent mes regards psychiques, et qui s'est établie en moi avec la force du définitif, ce fut la merveilleuse et savoureuse diversité de l'Art à travers les temps et parmi les espaces.

Combien je m'apparus enfantin, combien d'autres m'apparaissent enfantins, quand

je me remémoreles jours où nous nous acharnions à établir une prétendue hiérarchie entre les époques et à diminuer les unes par l’exaltation d'une autre ; où celui-ci proclamant indiscutable la supériorité de l’art grec méprisait ou dédaignait le gothique, tandis que celui-là juchait le gothique au-dessus de tout. Et d'analogues intolérantes disputes surgissaient pour la forme. Oh! les Vadio- Trissotinades, les coups de dents et les coups de plume, à propos du vers libre et de la prosodie classique, les pugilats verbaux à l'occasion de la peinture sombrée et du luminisme!

Et le symbolisme opposé au réalisme, et le réalisme déprécié par l'impressionnisme, et limpressionnisme se muant en naturisme!

Puis encore l'école italienne mise aux prises avec l'école flamande et les Flamands amoindris au moyen des Hollandais. Et dans l'école flamande, ces frères gigantesques, Rubens et VanDyck, transformés tout à coup en frères ennemis par leurs descendants affolés de polémique et d'antagonisme. Ensuitele japonisme,

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