VIS = L'AMOUR
qu'il n'en était que le plus charmant. Et encore |! faut-il écrire : démentir ? Dans la série des passions qui semparent de nous, violentes (et fréquemment brigandes) pour nous river des heures ou des ans ou des jours à un être doué de cette séduction exquise : un autre sexe, — faut-1l établir une hiérarchie de telles féeriques valeurs, ou, plus sûrement et plus ingénument, se contenter de dire : ce fut un autre miracle?
Mais, si ce « premier grand amour »
élargit la sensibilité de mon cœur, la vénusté philosophique de mon esprit, l'acuité voluptueuse de mes sens; si le phénomène multiple qui fonctionnait en moi prit ainsi une intensité augmentant ses proportions, son aspect et ses rumeurs, c'était encore dans le champ de lindividualité. La magnifique aventure ne mapparaissait qu'isolée en moi, et isolée aussi en chacun de ceux, par milliers, à qui elle arrivait autour de moi. C'était « l'Ego dans le Cosmos ». Ils ne m'apparaissaient
point les liens, le tissu tellurique, qui pou-
vaient les unir en une seule tragédie dans le ronflement de l'Univers sans cesse en action, parcourant sa courbe dont une extrémité plonge aux ténèbres du passé, et une autre aux ténèbres de l'avenir, ne laissant visible pour nous qu'un si court tronçon.
Et d'autres amours suivirent, Non pas queje les aie recherchées, Elles surgirent par la complicité des circonstances. Parfois puériles. Parfois profondes et graves, Très indépendantes d'un parti pris et d'une volonté libre. Au hasard des zig-zag et des tournoiements de l'existence.
Il me semble que j'ai aimé comme le nuage pourrait dire: J'ai été poussé vers tel rhumb de la rose des vents !
Je ne parle de cette versatilité émanant des événements et non de moi-même que pour signaler l'appoint que... oserais-je dire blasphématoirement « ces expériences >»...
apportèrent à la conception en remaniement constant dans mon âme portée aux recherches et aux inquiétudes.