VI. — L'AMOUR
tions me traversait. Ah! le caractère prodigieux que revêtait le phénomène ainsi contemplé dans son ensemble, dans ses fins et dans son évolution! Sa complexité merveilleuse! La sublime alchimie d'ivresse, de foi et de courage! Quelle puissance tenace, quel artiste divin avaient composé insensiblement le chef-d'œuvre de l'Amour? Quelles retouches il avait subies dans l'immense atelier de la Nature, depuis lincommensurable passé où le bestial accouplement organisé pour la génération s'accomplissait sur le même être réunissant en lui la double sexualité! Comment aux matérielles nécessités, pur jeu de forces physiques, étaient venus s'ajouter la volupté et ses abimes de jouissance? Comiment s'était épanouie, au cours des siècles sans nombre, cette effloressence de sublimité dont l’éblouissance submerge, dans l'amour humain, Îles fins basses de la reproduction ? Quelle dérision triomphante accablant ceux qui, devant ce mystère, ne parlent que d'un mécanisme et d'une supercherie destinés à perpétuer
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l'espèce ! Car, où la nécessité, pour ce but de fécondation, de pousser aussi loin et aussi haut les cimes et d'intensifier les séductions à pareil degré d'exaspération et de miracle ? S'il ne Sétait agi que d'assurer sa propagation, l'Humanité, à l'exemple de l'animal, ne sen füût-elle pas acquittée au prix d'une moindre magnificence? Comment admettre que toute cette grandeur mystique de sentiments ne serait que le déguisement des grossiers appétits sexuels destinés à reproduire des êtres que guettent les insuffisances et les maux de la vie?
Oh! prodige! Les accessoires de l'acte mécanique et charnel prenaient une splendeur démesurée: FM: Seflacaitset n'était plus quun prétexte au Jjaillissement du plus suprème idéal. La procréation n'y apparaissait qu'en fin accidentelle, latérale et passagèrement méprisée. La beauté de cette crise exaltante rayonnait dans la transfiguration psychique qu'elle opérait en moi et dans les jouissances surhumaines qu'elle dispensait.