‹ ConfiteorChapitre 98 sur 105 · VIII. — LE LIBRE ARBITRE · texte numérisé non relu

VIII. — LE LIBRE ARBITRE

se substituera la savoureuse curiosité de vivre.

Déjà, parfois, je me trouve dans cet état, encore bizarre par sa nouveauté, mais singulièrement séducteur et pacificateur : Je sens couler en moi les grands fluides; j'assiste ébahi et soumis au travail de leurs influences; je vois ma subalternisation, mon esclavage, dont je ne me doutais pas autrefois ; Jjassiste à lévanouissement de la délibération qui jadis s'ouvrait et s'effectuait solennelle, me ballottant entre des résolutions divérses ; je deviens "un impulisrt, Jérsuis attentif aux poussées intimes dont je ne me rends pas compte; jJaperçois la direction instinctive qui Sétablit, plus rapide et plus promptement fixée parce que les hésitations coutumières ne germent plus.

Et j'éprouve le soulagement de ma Volonté soumise qui entre en mouvement pour l'acte final de réalisation, sans douleur, sans trouble et presque sans effort, parce que (sonore et profond refrain revenu si souvent

sous ma plume parce qu'il chante dans mes pensées) 1] me semble qu’ainsi je me trouve mieux en accord avec l'immense Univers utilisant la parcelle que je suis pour l'accomplissement de son œuvre prodigieuse.

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