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quelque ouvrage d'un style riche et harmonieux , d'une abondance toute cicéronienne ' : c'était l'avertir avec ménagement de modifier sa manière : par là il confondrait pour le mieux son détracteur.
L'œuvre de celui-ci , généralement condamnée, annonçait d'ailleurs une humeur aigrie et morose : Isaac Casaubon y faisait surtout allusion, lorsqu'en parlant de son beau-père, il regrettait que quelques-unes de ses dernières productions eussent vu le jour 2 . A la vérité, le caractère de Henri Estienne, attristé par l'âge autant que par les malheurs, le rendait de plus en plus fâcheux aux autres et à lui-même. C'est ce que nous apprennent les lettres de son gendre qui nous le montrent , vers cette époque , en proie à ses incertitudes , errant à travers toute l'Allemagne sans pouvoir se fixer nulle part , toujours aspirant au repos et toujours incapable de le supporter •• Ce n'est plus à Genève qu'il faut chercher Henri; c'est tour à tour à Orléans, à Lyon , à Strasbourg, à Cologne, à Francfort, et jusqu'en Hongrie et en Silésie. Rentre-t-il enfin dans ses foyers, la vie domestique, par l'effet de la désuétude , lui semble aussitôt à charge. Les affections de la famille, auxquelles il n'était certes pas étranger , n'adoucissent plus sa brusquerie et sa
1. a Eée aliquid, abundas enira et potes, asiatico et fuso <licendi génère ac numeris eorum qui ciceroniani appellantur... • Perge-porro,vincesque,mihi crede. >» Sylloge eplstolarum,L 1 er ,
ï.Isaaci Casauboni EpiStolœ, insertis ad easdem responsionibus..., curante Theodoro Janson ab Almeloveen; Roterodami , in-f», 1709. Epistol. 182 (à Hœschelius).
3. Epist. 12 , t. I er , p. 8 de l'édit. d'Àlmeloveen ; cette lettre , adressée à Richard Thomson, est de mai 1594 : « Postquam semel abiit ante menses octo aut novem , per Germaniam àXaxat , irXavâTai xort àXvet ; ita enini plane audio àXuetv eum , ut neque domum redire , neque alibi aptas sedes reperire queat. »