‹ Conformité du langage français avec le grecChapitre 113 sur 256 · CL · texte numérisé non relu

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tion et presque de l'indifférence à ce sujet , il ne laissa pas, ainsi que ses lettres l'attestent, d'être très-sensible à cette diatribe. 11 y revient souvent, bien qu'il n'y ait, remarque-t-il ' , rien de solide et de prouvé dans ce que l'on allègue contre lui. En confessant que quelques écoliers ont pu le compromettre par leurs imitations maladroites , il observe qu'il n'est pas comptable de leurs méfaits 2 . Mais, l'humeur ne tardant pas à percer sous cette apparente froideur, il traite bientôt Henri Estienne de juge incompétent en matière de style et d'éloquence , d'homme qui veut parler de ce qu'il ne connaît point , qui n'a ni goût ni bon sens , et dont la plume , toujours en mouvement bien que désavouée des muses , n'est propre qu'à exciter l'ennui ou le rire. Ce vieillard radoteur, ajoute-t-il, n'a eu d'autre but en s'attaquantà son nom dans un libelle insipide , que de présenter à l'acheteur un appât qui le trompe *.

Ici le dépit, trop manifeste, l'empêche à son tour d'être équitable pour Henri Estienne, dont la composition , passionnée sans doute , est du moins ingénieuse , d'un latin élégant, et non dépourvue d'une certaine justesse : car elle blesse l'adversaire par son côté vulnérable. On le voit , ce semble , par une lettre du savant André Schott, qui après avoir témoigné à Lipse la part qu'il a prise à son déplaisir , l'engage à réfuter ces critiques en écrivant, comme il en est bien capable,

1. Lett. à Lernutius : Sylloge epistolarum... , t. I er , p. 25.

2. Sylloge epistolarum..., t. I er , p. 438. — « Ce Lipse, disait encore Balzac, a corrompu par son exemple une infinité de jeunes gens en Flandre , en France et en Allemagne : VIP Dissert. crit. Il ajoute : « Je parle de son style et de sa latinité ; » et il le loue effectivement comme très-vertueux et très-savant homme. Cf. Scaligerana II, p. 141 et suiv., et p. 223.

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