CLVIII
bibliothèque dont la jouissance et la vue lui avaient été si rigoureusement interdites. Jadis fort riche , non-seulement en bons livres, mais en livres reliés avec luxe S elle renfermait 9 nous dit-il, quoiqu'elle eût eu bien à souffrir de l'abandon des dernières années, de très-précieux débris 2 . Plusieurs travaux, ébauchés ou même finis, y témoignaient en outre de l'activité d'esprit qui n'avait jamais manqué à H. Estienne. Toutefois Casaubon, par une abnégation généreuse (car il n'y avait aucun testament), remit les manuscrits à Paul, et il amena, non sans effort , les autres intéressés à consentir au même sacrifice •.
Celui-ci se montra digne de les posséder par l'usage qu'il en sut faire. Mais auparavant il s'honora par le culte pieux qu'il rendit à la mémoire de son père. Nous avons de lui une pièce de vers latins qui témoigne de son affection et de sa reconnaissance filiale. Non content de le célébrer, il donnait le signal des plaintes et des éloges à tous les poètes du temps, à tous les amis de l'antiquité, en les conviant à partager sa douleur et à s'associer à son hommage :
Vos, sacri vatcs, inspergite vestra sepulcro Munera, quœ possint cineres placare sepulti : Illum non oculis morientem Grœcia siccis