CLIX
Cernere sustinuit, sensitque ex funere vulnus; Vos quoque, Piérides, Latio ingemuistis amatae 1 ...
Un regret touchant se mêle à ces accents du fils, c'est qu'il ne pourra pas même verser des larmes sur la tombe paternelle :
Et lugdunaeo requiescunt ossa sepulcro '.
Il paraît d'ailleurs trop certain que les restes de Henri Estienne , confondus avec ceux des hôtes du triste séjour où il avait expiré, furent jetés dans la fosse commune \ Celui qui avait tant fait pour la gloire des lettres et pour celle de son pays n'eut pas l'honneur d'un tombeau.
La mort de, Henri Estienne fut, quoi qu'il en soit , l'occasion d'un retour de bienveillance ou plutôt de justice en sa faveur. Parmi les suffrages qui lui furent décernés, l'un des plus considérables fut celui de l'historien de Thou * ; mais on remarquera notamment le tribut d'estime que lui paya Joseph Scaliger , fort enclin à blâmer, comme on l'a dit, et qui, en d'autres moments, ne l'avait pas épargné : dans une lettre pleine d'honorables re-
1. Toute la pièce a été reproduite par M. Renouard, p. 465-» 469 de son ouvr. cité.
2. M. Magnin a cru pouvoir inférer de ce vers, que Henri Estienne a eu réellement un tombeau à Lyon ; ce qui n'est nullement probable : il en eût été question ailleurs.
3. Le P. Colonia, dans son Histoire de Lyon, in-4% t. II , p. 609, nous apprend que H. Estienne fut enterré dans le cimetière des religionnaires , voisin de P hôpital. Suivant le même, il fut le premier dont un détachement du guet de la ville accompagnât les funérailles. Mais ce n'était pas pour l'honorer : c'est que cette escorte fut alors jugée nécessaire pour protéger les convois des protestants contre les insultes de la populace. Cf. M. Didot, Essai sur la typographie, col. 812.
4. Hist., liv. 120, à la fin; cf* id.,\. XXIII, t. I et , p. 791.