CLXIII
de modifier tout ce qui ne lui a point paru absolument repréhensible : et Ita me jam pridem comparavi ut malim timiditatis in rébus hujusmodi quam audaciae culpam sustinere. » Le sa vant jésuite André Schott n'a donc fait preuve , à l'égard de Henri Estienne, que d'une justice éclairée, en lui accordant l'éloge d'avoir revisé et corrigé les auteurs avec autant d'intelligence et de réserve que de succès 1 : suffrage qu'un imposant témoignage moderne , celui de Wyttenbach, a pleinement confirmé 2 . Ce n'est pas qu'en parcourant les routes peu frayées de l'érudition, en s'efforçant de défricher ce champ couvert de ronces , il n'ait dû rencontrer de nombreuses aspérités et faillir quelquefois. La science , dans sa marche toujours progressive , a pu signaler chez lui des erreurs 3 . Mais ses éditions n'en ont pas moins mérité , en général , d'être la base de celles qui ont été données jusqu'à notre époque; et si dans cette voie, où il en avait surpassé tant d'autres , Henri Estienne a été surpassé à son tour, on n'oubliera pas qu'il a fourni lui-même, par les progrès qu'il a fait faire à la critique, les moyens de le laisser en arrière.
Dix-neuf premières impressions, dont une seule latine et les autres grecques, en outre beaucoup de réimpressions considérablement amendées dans ces deux langues, telle a été l'abondante récolte de H. Estienne dans un domaine dont la fécondité primitive avait été déjà presque épuisée ; tels ont été , en le considérant seulement ici comme éditeur des anciens , les fruits de