CLXXVI
cette époque de maturité, Henri Estienne voulait que tous nos dialectes, combinant leurs ressources, vinssent se rassembler, en vassaux empressés, autour du plus parfait, celui de l'Ile de France, pour le fortifier et l'enrichir, destinés à former ainsi , par leur association volontaire, Tunique langue du pays. Après en avoir étudié, avec un grand soin de détails , tout le mécanisme , il observait judicieusement que si , à Paris , elle atteint son plus haut degré de pureté , elle n'est nulle part déshéritée d'avantages , chacune de nos contrées possédant ses idiotismes dont les défauts mêmes ne manquent pas d'un certain attrait. Ce sont de ces imperfections piquantes, de ces signes gracieux qui plaisent dans un beau visage : « Talia non tam vitia in oratione quam idem quod nsevos in pulchra facle esse dico*. »
Comme il faisait appel aux termes significatifs de toutes les provinces , Henri Estienne s'est toujours montré curieux d'y recueillir les proverbes en vogue. C'est là un produit de notre sol dont il est singulièrement jaloux 2 . En cela, il partage le goût de son temps. On n'ignore point , en effet , combien la bonhomie de nos pères prisait ces formules de sagesse, que la familiarité pittoresque de l'expression contribue à graver dans la mémoire 1 . De là les très-nombreux recueils de ce genre