‹ Conformité du langage français avec le grecChapitre 155 sur 256 · CCI · texte numérisé non relu

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montré cependant le digne contemporain des Buchanan et des Sainte-Marthe, qui ont rappelé parfois la perfection de l'antiquité. On sait combien de peine et de talent fut dépensé , à cette époque, en hexamètres, en distiques et en hendécasyllabes. Henri , dans ce genre de composition, nous a laissé, avec des travaux sérieux, plusieurs pièces légères, espèce de tribut payé à la joyeuse humeur du xvi e «siècle. C'est en effet un trait distinctif du caractère de nos ancêtres que ce fonds de malice et d'enjouement, témoignage de force, qui réagissait contre les malheurs particuliers et publics alors si multipliés 1 . De là ce goût du frivole , mêlé à de si graves occupations; de là ces jeux puérils d'esprit qui charmaient tant de doctes personnages, amis de tout ce qui faisait sourire. Par la bizarrerie et par l'effort on préludait à la grâce. La morosité de Henri ne le déroba pas entièrement à l'influence de son temps : il eut aussi ses délassements folâtres, et, pour parler avec un critique de nos jours 2 , ses heures buissonnières. Du reste, ces traditions d'une pétulante gaieté, assaisonnement de profonds travaux , ne disparurent pas , parmi nous, avec les lettrés de la Renaissance : on en retrouve une trace , au siècle suivant , dans les soupers de la rue du Vieux-Colombier et dans ceux d'Auteuil , où Boileau, Molière, Chapelle, Bacine, La Fontaine, donnaient pleine carrière à la liberté du vieil esprit gaulois. Un volume publié en 1574 contient, avec l'éloge des foires de Francfort dont nous avons eu l'occasion de

1. Un homme qui a vu la terreur (le savant Daunou) n'a pas craint d'appeler l'époque dont nous nous occupons la plus tragique de notre histoire.

2. M. Sainte-Beuve, dont on peut lire, sur « l'esprit de malice an bon vieux temps, » un piquant morceau , placé à la suite de *on Tableau de la Poésie (wxvr* siècle t édit. Charpentier.

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