Voy. Poetœ gr ceci principes y 1566, in praefatione
3. Dans la poésie bâtée de Henri Estienne se rencontrent des licences et des archaïsmes du genre suivant :
Pannonia antiijuis a postris Hangar» fertur...
( cçvi ) du corps n'était pour eux qu'un nouvel aiguillon de la pensée. Henri Estienne nous l'a dit souvent 1 : le plaisir de la composition lui abrégeait la route; il le faisait échapper au sentiment de la faim , de la soif et de la fatigue, comme à l'appréhension des périls qu'il fallait savoir braver à cette époque. Le nombre de ses vers a répondu naturellement à celui de ses courses errantes; et nous lui devons à lui-même, sur sa manière de travailler , des renseignements très-circonstanciés. Il s'est représenté, dans un de ses ouvrages, juché sur son cheval, tenant ses tablettes et son crayon d'une main ; de l'autre , la bride , qu'il abandonnait par instants pour écrire ce qu'il avait élaboré , ou , suivant son langage plus poétique, ce que lui avait dicté sa muse 3 . Encore ne s'arrêtait-il pas à cet effet : ce qui peut d'autant plus surprendre qu'il se plaisait, écuyer consommé et intrépide , à monter des coursiers pleins d'ardeur. On devine aisément que de telles habitudes n'étaient pas sans danger : aussi nous apprend-il qu'elles l'exposèrent à plus d'un accident funeste. Un jour notamment qu'au sortir de Francfort, livré au démon des vers, il s'était laissé emporter à la fougue d'un magnifique cheval turc qu'il venait d'acquérir, l'impétueux animal faillit le briser contre une barrière placée en travers du chemin. Elle fut rompue du choc; mais le cavalier , par un bonheur inouï, demeura en selle et tout se borna pour lui, nous dit-il , à payer lés dégâts. Sa verve
1. Ibid. Cf. Dialogns Philocelt. et Coronel., p. 323 : « Ut in itinere, et quidem equo insidens, ea scriptione levare taedium viœ p.^sem...; » etc.
2. Dialog. Philocelt. et Coron., p. 324 : « Simul atque viginti versus meditatus cram , interdum etiam pauciores, eos vel in tabellis stylo, vel in charta calamo et atramento scribebam; deinde aliorum compositioni me tradebam , vel potius imisam meam de aliis sollicitabam.... »