‹ Conformité du langage français avec le grecChapitre 158 sur 256 · Carmen de senatulo fœminarum y Strasbourg, in · texte numérisé non relu

Carmen de senatulo fœminarum y Strasbourg, in

2. M. Renouard atteste qu'il l'a cherché en vain : je n'ai pas été plus heureux que lui , bien que j'aie pu constater qu'il est encore inscrit sur les catalogues de quelques bibliothèques publiques.

3. Le goût de Henri Estienne pour les épigrammes s'est aussi montré dans l'excellente collection qu'il nous a donnée de celles de l'antiquité grecque.

4. De là le jugement sévère porté sur elles par quelques critiques de nos jours : voy. , particulièrement, Hallam , Histoire de la litiure de V Europe, t. II , p. 244.

5. De Martinalitiavcnatione.... xxxi epigrammala, 1592. — Ce sont de très-longues félicitations, adressées à ce prince chasseur, pour avoir protégé les moissons et les vignes contre les ravages des bètes fauves.

( ccrv )

et leur sel, 11 serait facile d'y relever beaucoup de traits ingénieux , tel que celui-ci :

Hic placuit cunctis quod sibi non piacuit '.

N'est-ce pas à Henri Ëstienne que Boileau a dû l'un de ses vers les plus vrais et les plus expressifs, dont on dit que Molière était particulièrement frappé 3 : Il platt à tout le monde et ne saurait se plaire.

Quelques-unes des épigrammes de Henri Ëstienne , où figure, d'après la latitude que possédait ce genre, Téloge de contemporains illustres, sont encore curieuses au point de vue historique. Le même mérite recommande ses pièces, appelées tombeaux : ainsi nommaiton les hommages funèbres que provoquait la mort des hommes distingués. On pourrait citer , parmi ces morceaux de Henri Ëstienne, ceux dont il honora Aide l'ancien et Adrien Turnèbe , surtout les vers latins et grecs qu'il consacra, en 1689, au premier président Christophe de Thou • ; mais il suffira de remarquer qu'il était toujours, dès que s'ouvraient ces sortes de lices poétiques, alors très- fréquentées, l'un des premiers à y descendre avec honneur.

Sans nous arrêter davantage à ces œuvres secondaires, arrivons au poème le plus important de Henri Ëstienne : il s'agit de son Conseiller des princes* , où notre auteur,

l . Excellente définition de ce qui fait le bon auteur. — Joachiin du Bellay a pu dire aussi avec vérité, en montrant combien l'écrivain et surtout le poète ont besoin d'un lecteur sympathique :

Quique placet paucis dlspllcet ipse «flri.

2. Voy. la ïl c satire de Boileau et ce que La Harpu, Cours de littérature, article Boileau, raconte à ce sujet.

3. Il faut les rapprocher du récit fait par Pasquier de la vie et de la mort de ce magistrat : Lettres , VII, 10.

4. Principum monitrîx Musa, sive de prlncipatu bene instituendoet administrando Poema..., in- 8°, 1590.

( ccv ) abordant une plus haute région d'idées, s'occupe du grand art de gouverner les hommes, et non pas d'une question de langue ou de littérature.

Là se trouvent réunis en effet , sous une forme didactique, tous les conseils que Henri Estienne a cru devoir adresser aux souverains en diverses rencontres , comme l'y conviait le goût de son temps. Parler affaires d'État , traiter des intérêts politiques des peuples et de l'exercice du pouvoir, était, on ne l'ignore pas, chose familière aux gens de lettres du xvi e siècle : noble droit qu'ils croyaient tenir de leurs lumières et de leur conscience; ou plutôt, candide et touchante illusion qui les portait à se rendre intermédiaires entre le prince et* les sujets, pour protéger celui-là contre l'enivrement, ceux-ci contre les erreurs de l'autorité suprême !

L'origine de cette grave production fut , au reste , la même que celle des pièces frivoles dont il a été question plus haut. C'était par la marche que Montaigne s'excitait à écrire : « Car ses idées dormaient s'il les asseyait , et son esprit n'allait pas si ses jambes ne l'agitaient'. » Quant à Henri Estienne, ami des exercices violents qui flattaient son inquiétude naturelle et passionné surtout pour l'équitation, il devenait poète lorsqu'il se promenait ou voyageait à cheval 2 . Cet usage lui était commun avec son père ; et trop souvent, il faut l'avouer, les vers de l'un et de l'autre, par une certaine absence de souplesse, de moelleux et de fini 1 , nous en font souvenir. Mais les hommes du xvi e siècle , jaloux de leur temps, n'en voulaient laisser rien perdre : le mouvement

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