Epislol. y Hb. III, p. 157, édit. d'Amsterdam
3. Yoy. la préface de Musa monitrix. On a dit aussi que Henri Estienne avait écrit le même poëme en latin.
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les babillards, la flatterie et les flatteurs» l'ingratitude et les ingrats, l'avarice et les avaricieux, l'orgueil et les orgueilleux , l'ivrognerie et les ivrognes, les ignorants et ennemis des lettres; » avec d'autres poèmes à la louange a de la pauvreté contente, des lettres et des hommes lettrés, de ceux qui ont joint l'amour et l'étude des lettres à l'amour et l'exercice des armes. » Or ces différents travaux ne se retrouvent plus. S'ils ont vu réellement le jour, ce n'a été que dans des impressions isolées et sous forme de feuilles volantes, comme la chose n'était pas rare à cette époque. Au bout d'un certain temps, il devenait presque impossible d'en rencontrer un seul exemplaire : de là le conseil prudent que donnait François Pithou, d'acheter les petits livres qui ne contenaient que deux ou trois feuilles, parce qu'ils ne tardaient pas à disparaître 1 . On peut en outre supposer que, de ces poésies placées sous le nom d'Estienne, quelques-unes sont demeurées à l'état de projet, et que d'autres ont circulé en manuscrit, sans avoir été jamais imprimées 2 . D'ailleurs , il n'est pas douteux que Henri Estienne lui-même n'ait plus d'une fois cité , comme s'ils eussent été déjà entre les mains du public, des livres qu'il n'avait qu'ébauchés ou qui du moins n'avaient pas été édités encore : de là beaucoup d'embarras pour les bibliophiles futurs. Nous allons chercher à éclaircir ces obscurités, en signalant tour à tour les œuvres qu'il avait
i . Voy. le Pithœana.
2. C'est là l'opinion d'Almeloyeen , de Maittaire et de M. Renouard, la vie nomade de Henri Estienne suffisant seule, au reste, pour expliquer la perte de plusieurs de ses œuvres et la rareté de presque toutes les autres. En finissant la longue liste des poèmes qu'il lui attribue, La Croix du Maine a remarqué notamment qu'il en est, entre ceux-ci, qui ont été publiés sous le nom du sieur de Grières et il ne nous reste aucun livre portant cette suscription.
( ccxv ) le dessein, mais qu'il n'a pas eu le temps d'accomplir ; celles qu'il avait terminées selon toute vraisemblance , mais qui n'ont pas paru ou ne se retrouvent pas ; celles enfin qui semblent lui avoir été attribuées mal à propos. L'esprit mobile et infatigable de Henri Estienne mêlait sans cesse aux travaux qui l'occupaient des projets de travaux pour l'avenir : on en jugera par la longue liste de ceux qui sont annoncés dans ses différents ouvrages. Parmi les auteurs qu'il avait l'intention d'éditer *, il a mentionné Aristote 2 , Aristophane, Quintus de Smyrne, Stobée, Strabon, Photius 1 ; il voulait aussi revenir sur beaucoup de ses éditions , pour y corriger les imperfections que son œil clairvoyant lui avait montrées, et creuser plus à fond dans l'intelligence des anciens écrivains. Il a promis un texte hébreu de la Bible, un appendice aux Commentaires de la langue grecque par Budé, dont il était grand admirateur, une réimpression du Trésor de son père, où il eût adopté l'ordre étymologique 4 , des traductions de Dion Chrysostome, de Synésius, etc. ; il songeait même à rassembler dans une publication toutes les versions du grec faites par des latins. En outre, il se proposait de faire paraître un livre sur la manière de traduire 6 et un autre qui aurait pour
1 . Cons., notamment, H. Estienne, Prœfatio ad proodopœiam Senecœ; cf. Maittaire, p. 469 et suiv.
2. Voir, à ce sujet, une lettre de H. Estienne à Joseph Scaliger, "datée du 28 juillet 1584 et contenue dans le recueil des Éptlres françoises adressées à ce personnage , in-8°, 1624, p. 410.
3. Une copie de ce dernier auteur, presque entièrement transcrit de la main de Henri, fut, sur la prière de Casaubon, communiquée par Paul Estienne à David Hœschelius, et servit à l'édition que celui-ci en donna peu après : Augsbourg , 1601 , in-f.