‹ Conformité du langage français avec le grecChapitre 175 sur 256 · Voy. la préface de l 1 Apologie pour Hérodote · texte numérisé non relu

Voy. la préface de l 1 Apologie pour Hérodote

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briel Naudé, La M<rthe-le-Vayer et Ménage S nous offrira encore aujourd'hui une lecture agréable et utile. Il a surtout, par la tendance de ses travaux, bien mérité de l'esprit français. En réagissant contre l'afféterie qui le menaçait, il l'a maintenu dans ses voies naturelles, il lui a conservé sa couleur indigène. A côté de cette veine gauloise, qui commençait à s'appauvrir parmi nous, se montrent dans ses œuvres une physionomie originale et un cachet tout moderne. De plus, il appartient à la race de ces faciles inventeurs qui donnent l'éveil aux autres, et riches d'idées nouvelles, qu'ils n'ont pas la patience de féconder, les jettent çà et là, se reposant sur ceux qui les suivent du soin de les faire fructifier. Beaucoup de celles qui ont eu un cours général après lui se retrouvent ébauchées dans ses livres, et il peut revendiquer l'honneur de les avoir pressenties ou même de les avoir mises le premier en circulation. Dégager l'écrivain français jusque-là trop enveloppé par l'érudit, le considérer à part et le classer, en déployant ses qualités pleines de saillie et d'avenir, tel a dû être notre but particulier : nous concluons que, comme prosateur , il n'a pas été étranger aux progrès de notre langue, dont il a reconnu, au moment où elle aspirait à se fixer, les besoins et le génie spontané; il compte entre ceux qui lui ont donné son caractère définitif. Parfois il approche de l'expression pittoresque de Montaigne; il a de la finesse et du trait Esprit net et délié , incisif et nerveux , avec les accidents et les hasards heureux de son style improvisé, il offre quelque chose de

1. Celui-ci, qui fut le maître de M*" de Se vigne et vit la plus belle partie du grand siècle, s'est beaucoup occupé et souvent autorisé de Henri Estienne, comme de plusieurs de nos anciens écrivains, dans ses Observations sur la langue françoise, 1672 et 1688.

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soudain, d'acéré et de capricieux qui contribue à assouplir notre idiome. Mais il excelle notamment à manier avec aisance, ce parler vif et léger d'où sortira , après deux siècles de perfectionnement, la prose facile de Voltaire. En même temps, sa critique grammaticale, par la multiplicité même de ses remarques et de ses prescriptions , tend à introduire parmi nous , ce qui était alors fort nécessaire, l'observation des règles, le scrupule et l'exactitude. Ajoutons que l'accent national domine dans tous ses ouvrages. Admirateur des monuments de notre vieille littérature, il ne craint pas de proclamer, entre plusieurs de nos auteurs qu'il loue , Philippe de Commines « un second Thucydide 1 ; » en un mot, c'est, au point de vue philologique et littéraire, une des intelligences les plus favorisées et les plus justes que notre pays ait produites dans l'active élaboration du xvi« siècle. Sur ce point, d'ailleurs, notre conclusion n'est pas autre que celle des meilleurs critiques de ce temps. M. Vitlemain, non content d'appeler Henri Estienne « le plus profond de nos philologues s , » lui donne place parmi ceux « qui ont dénoué notre langue '. » M. Ampère le qualifie de a l'un des prosateurs les plus spirituels du xvi e siècle 4 . » Tel était aussi le sentiment de M. Nodier : ce juge délicat, après avoir signalé, dans la même époque, « un des hommes les plus doctes et les plus ingénieux , un esprit naturel et fin , qui embrassa tout et réussit dans tout, qui rendit populaire la science

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