‹ Conformité du langage français avec le grecChapitre 224 sur 256 · Voy. Le Songe ou le Coq, c · texte numérisé non relu

Voy. Le Songe ou le Coq, c

où il fault prendre garde non-seulement au participe fitSpwfjL&a, mais aussi au verbe âva^puxSdOai , qui ha ici (estant bien à propos joinct avec fkgpcopiva) une telle signification métaphorique que nous donnons à nostre

verbe ruminer*

En la mesme façon aussi qu'Homère a dict 1 li7tsi(xév<x àXx^v, le françois dit (et principalement le vieil françois), Un homme revestu de vertus.

Et comme Xenophon use de 6mtxetv 2 pour le contraire de àvrepaiotiv, ainsi usons-nous extraordinairement de nostre verbe obéir (qui est proprement ùreuceiv) pour exprimer une chose qui n'est point dure à toucher, tellement qu'elle repoulse , mais preste , comme aussi parlent aucuns.

Oultre-plus 1 , il y a des mots en ces deux langues desquels on use en signifiant une généralité, au lieu que proprement ils signifient une particularité. Exemple: On leur a coupé la gorge par le chemin , au lieu de dire généralement , On les a tuez, ou, Ils ont esté tuez; ainsi usent les Grecs de leur &co9cp£rT6iv, au lieu de ivaepeîv , ou cpoveustv , ou di?oxxei'veiv.

Ainsi est-il quand d'un homme qui tombe un tel saulf qu'il en meurt (ce que Lucian dit fort plaisamment 4 tov Savorov àp^aaaOou ) , nous disons , Il s'est rompu le col , comme les Grecs l^erpa^XCaOY] , encores qu'il ne se soit faict aucun mal au col, qu'eux appellent xpà^Xoç.

1. ChantXVIlI, v. 157 ; cf. 1, 149. — Gilbert, Mon Apologie, semble avoir imité ce trait : cuirassé d'impudence.

2. Il a particulièrement employé cette expression dans ce sens, Cyropédie, VIII, 8; Dits mémorables de Socrate , II, 3 ; etc.

Page 1