Voy. Lucius ou l'Âne , c. 19, à la fin
Àu contraire il y a des mots desquels nous restreignons la signification , qui de soy est générale, à l'imitation des Grecs. Exemple : force, et au pluriel forces, ha une signification générale; mais toutesfois on use ordinairement de forces pour armée, qui est une signification particulière , comme , Assembler des forces , Rallier ses forces. Ainsi restreignent les Grecs leur Suvapuç et Sovajxeiç.
Pareillement aussi (ce qui vient bien à propos d'armée) comme âyabo<; signifie généralement Homme de bien , mais il se dit particulièrement d'un vaillant homme, ainsi le François appelle des vaillans soldats et de bon cueur , Gens de bien ; et dit , Ils.se sont monstrez gens de bien, au lieu de dire, Ils se sont monstrez vaillans, ou , Ils ont faict acte de vaillans soldats.
Telle restriction se trouve aussi au verbe grec 7coieîv, et semblablement en nostre faire, quand nous disons d'un qui compose bien en poésie , Il fait bien : ainsi que les Grecs disent &< ^Ofjwjpoç micol^xe. Nous usons pareillement de ceste locution , Il dit bien, pour signifier, 11 est éloquent.
Voici encores un exemple qui semble plus propre que les precedens. Nous sçavons combien la signification de cûpoL est générale, et toutesfois nous la trouvons restreincte en Xenophon, à la mesme façon que nous restreignons celle de corps, quand nous disons, J'ay froid au corps, ou, Je sue par le visage, mais non par le corps. Le passage de Xenophon auquel il use ainsi de cwjxot, est tel, vers la fin du dernier livre de la Pœdie de Cyrus : 'AXXà p/Jjv xal Iv t(j> xsi{«.ft>vi ou jjiovov xgçaXïjv xal ccofxa xal 7CO$aç dcpxeî auxoïç laxercacôai , a*XXa xal «jrep i axpaiç raîç ytpdi xeiptëaç Saae(aç xal SaxxuX^ôpaç eyouaiv.