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fougueuses de ce temps aient privé la France d'un de ses enfants les plus utiles et les plus illustres 1 . A peine en sûreté, Robert embrassa ouvertement, avec Henri Estienne, des opinions vers lesquelles sa foi douteuse inclinait depuis vingt-cinq ans; il brava de plus, dans un écrit où il expliquait les motifs de sa fuite 3 , les ennemis aux atteintes desquels il s'était soustrait.
C'était tout à la fois une réplique aux attaques dont il avait été l'objet et une apologie des publications qui les avaient excitées. On l'avait accusé jusqu'en chaire , disait-il , « d'être un lin homme et cauteleux qui semait des hérésies sous l'ombre de l'utilité publique : » il s'attachait donc à se justifier, mais en termes malheureusement trop vifs pour prouver, par rapport aux points incriminés, sa complète innocence. Parcourant les inculpations dirigées contre lui sur des passages reproduits ou expliqués avec infidélité, il renvoyait à ses adversaires le reproche de déloyauté ou d'ignorance. Avec une verve amère et mordante , il se peignait abandonné pendant plus de vingt ans « comme une pauvre brebis au milieu des loups, » en butte à tous les genres de persécution, quelle que fût sa patience à désarmer par ses soumissions leur méchanceté; il les représentait s'enhardissant de son humble modération et de plus en plus implacables, «béant de grand appétit après son
1 . De Thou , liv. XXlii de son Histoire, t. P r , p. 791 de l'édit. de Londres, in- fol. : « Indigna gratia repensa est a tbeologorum nostrorum collegio , qui non desierunt lacessere , donec ille , vexationum injustarum pertaesus, ex necessitate consilium cepit, et, relicta patria , Genevam ad extremum se contulit. »
2. « Ad censuras theologorum parisien3iom Roberti Stephani Responsio, » in-8°, juin 1552. Cette Réponse, traduite par l'auteur , parut en français , au mois de juillet de la même année , •également in-8*.