‹ Conformité du langage français avec le grecChapitre 29 sur 256 · XXXI · texte numérisé non relu

XXXI

nom. Celui-ci, peu après son arrivée à Genève, s'en était échappé pour revenir dans la capitale : il demeura fidèle à l'Église romaine. Le père , injustement irrité , le déshérita dans la suite, mais sans lui infliger toutefois un préjudice notable, puisqu'il avait reçu par avance, en prenant la direction de la typographie qui lui fut cédée par Charles , sa portion de patrimoine '. On sait seulement que tout le matériel oriental avait été aliéné et qu'un nommé Le Jeune en fut l'acquéreur : circonstance qui ne devait pas empêcher plus tard Henri Estienne de succéder à cette partie de la gloire paternelle par des publications dans les langues hébraïque, chaldéenne et syriaque. Il y a lieu de croire

1 . Il obtint le titre d'imprimeur du roi en 1563 et le justifia par la manière dont il exerça sa profession. Jeanne d'Albret l'honorait de sa bienveillance. On peut voir dans les Mémoires de Castelnau t édit. de Le Laboureur, Bruxelles, in-f 6 , t. I, p. 858 , un sonnet composé par Robert en réponse à un quatrain de cette princesse qui Pavait visité (21 mai 1566). — Ce fut de ce Robert Estienne, second du nom , que Mamert Pâtisson , en 1 575 suivant les uns, un peu plus tard suivant les autres, épousa la veuve : il devint par là possesseur des ateliers du défunt et se montra digne de la maison où il entra, comme l'attestent La Croix du Maine et Scévole de Sainte-Marthe : celui-ci l'a célébré dans ses poésies latines, Epig. , 1. II ;

Mamerte optime, qui sacros inerti *

k caligiae vindicas portas, Doctoromque vetas perire lusns....

Ajoutons que ce Robert II eut un fils nommé aussi Robert (III) , qui se distingua doublement comme typographe et comme littérateur. Épris du goût, de la poésie et disciple bien-aimé de Desportes, il composa des vers grecs , latins et français ; en outre il traduisit les deux premiers livres de la Rhétorique d'Aristote , qu'il imprima lui-même en 1624. Le troisième livre eut peu après pour traducteur (1630) le neveu du précédent x Robert IV, qui versifia de plus les Essais de Montaigne : oeuvre demeurée inédite , et, sans doute , peu regrettable.

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