II
ralres; il avait trop d'idées pour se borner à imprimer les œuvres d'autrui. Aussi plaça-t-il , en tète de la belle édition in-f° du Nouveau Testament grec de 1549, des vers qu'il a retouchés et resserrés depuis 1 ; il composa pareillement pour une édition d'Horace, son poète favori , des arguments et des notes dont on estime le goût et le savoir.
Henri n'entrait, toutefois, que dans sa dix-huitième année, qu'il passa presque entièrement hors de son pays. En 1550, on le trouve effectivement en Angleterre, où le jeune roi Edouard VI lui fait un accueil amical ; puis, dans la Flandre et le Brabant, où quelques mois lui suffisent pour s'initier à la connaissance, non-seulement de la langue, mais de la littérature espagnole, avec cette admirable facilité qui saisissait tout en un instant et n'oubliait rien. Au but commercial de ces courses, qui tendaient à favoriser l'écoulement des livres de Robert, se joignait pour Henri un objet plus élevé : comme auparavant en Italie, il cherchait, il recueillait, dans la société des hommes distingués par leur talent et par leur science, de vivantes leçons 2 ; il interrogeait les dépôts sauvés par les monastères; il visitait les bibliothèques des particuliers, surtout celles que , par un nouveau genre d'hospitalité , plusieurs nations commençaient à ouvrir au public : exemple qui ne devait que tardivement être imité parmi nous. Les
1. Ces vers, sur les avantages de la Rédemption , sont en grec : d'abord au nombre de 72 , ils furent réduits à celui de 60 , et replacés en tête de l'édit. du Nouveau Testament grec donnée en 1576, in-12.
2. U s'applaudit en particulier de ses rapports avec les savants de l'académie de Louvain : voy. le commencement de l'épltre dédicatoire de VAthenagoras de 1 557 , adressée au Hollandais P . Naanius (Nanning).