‹ Conformité du langage français avec le grecChapitre 57 sur 256 · LXVI1I · texte numérisé non relu

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cette pointe d'e9prit qui se fait jour à travers beaucoup d'érudition et qui forme le charme distinctif de cette partie des travaux de notre auteur. Le but de ce livre est d'établir que la langue des anciens Grecs a encore plus d'affinité que celle des Latins avec la langue française : en vue de faire prévaloir cette opinion, le mécanisme de notre idiome est étudié avec un soin scrupuleux et habilement mis en œuvre. Cette thèse se lie d'ailleurs à la cause plaidée de tout temps par le patriotisme de Henri Estienne : le langage grec est à ses yeux le plus parfait que les hommes aient jamais parlé ; celui qui le touche en plus de points et qui s'en rapproche davantage , le français , mérite donc suivant lui , d'après une conclusion qu'il estime rigoureuse, le premier rang parmi les modernes. C'est au service de ce débat, qu'il élève à la hauteur d'une question nationale, que Henri Estienne met son profond savoir et son observation ingénieuse. Sans doute ce procès, qui a fort échauffé le xvi e siècle, nous intéresse assez peu depuis longtemps : mais les arguments produits pour le défendre sont encore de nature à piquer notre curiosité.

Remarquons d'abord que dans l'obscurité qui couvrait les origines étymologiques de notre langage, beaucoup de philologues, dont Bonaventure des Périers combattait judicieusement l'exagération, voulaient «tirer tout le français du grégeois 1 : » ce qu'on n'aurait garde à présent de soutenir. Des ouvrages, que Henri Estienne a fait oublier, avaient, peu avant lui, soutenu ce système. Au siècle suivant, il eut encore quelques défenseurs, moins exclusifs toutefois, tels que La Mothele-Vayer, qui , en exhortant à l'étude du grec ceux qui aspiraient à l'éloquence , signalait aussi de nombreux

l . Discours non plus mélancoliques que divers, c. XVII,

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