‹ Conformité du langage français avec le grecChapitre 61 sur 256 · LXXIII · texte numérisé non relu

LXXIII

d'avoir supposé entre les deux idiomes des relations qui n'existaient pas *. Quoi qu'il en soit, tout en admettant que dans les assertions de Henri Estienne quelquesunes soient hasardées, d'autres plus ingénieuses que solides, on ne craindra pas de recommander comme fort utile la lecture de ce traité. Ce n'est pas seulement la défense d'un piquant paradoxe. Beaucoup de vrai s'y trouve à côté de ce qui est contestable : les erreurs même touchent par quelque point à la vérité ou y conduisent; et les hypothèses s'appuient sur une multitude de faits curieux à recueillir. Enfin, l'auteur, et c'est ici son plus signalé service, détourne en quelque sorte vers notre langage , latin en grande partie , cette source grecque où Racine et Fénelon puiseront de si naïves beautés, où André Ghénier ravivera la poésie qu'avait desséchée le dix-huitième siècle 3 .

Cette œuvre qui témoigne d'une érudition si variée et si féconde, fut pourtant presque improvisée par Henri Estienne. Il s'y montre écrivant au courant de la plume et sans prendre le loisir dé revoir son travail , ce qu'il vient de composer étant aussitôt livré à la presse. C'est au milieu des distractions et des fatigues de chaque jour, qu'il esquissait ainsi ces vives et piquantes productions où l'on admire l'heureuse fécondité d'un esprit original , que n'a pu étouffer ni enfouir le poids de tant de labeur et de science.

La direction d'idées qui a provoqué ce livre n'a pas

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