‹ Conformité du langage français avec le grecChapitre 76 sur 256 · LXXXX · texte numérisé non relu

LXXXX

de son établissement , et à quel point ses travaux préoccupaient leur attente.

C'était l'usage des hommes marquants de cete époque , où les idées et les nouvelles n'avaient pas & leur service le véhicule soudain de la presse périodique, d'y suppléer par des relations sans cesse entretenues d'un bout de l'Europe à l'autre. De là les correspondances si considérables qui nous restent du xvi e siècle. Erasme nous apprend qu'il recevait à certains jours jusqu'à vingt lettres et qu'il en avait parfois quarante à écrire 1 . Henri Estienne, comme on le sait par une épitre en vers qu'il adresse à Camerarius * , n'était pas moins accablé de lettres, à titre d'imprimeur et d'auteur :

.... Litteris mox obruor Italis ab oris, gallicis et anglicis , Germanicisque , quae , novi quid moliar, Aggressus autquid sim, quid aggredi parera , Futurus ordo quis laborum sit rogant; Et plura rébus scirc de meis avent, Quam scire, vates ipsemet ni sim, queam.

En vue de satisfaire à ces questions qui fondaient tout ensemble sur lui de tant de côtés, il prit donc le parti de rédiger une réponse collective, où il exposait avec l'état de son imprimerie ses desseins pour l'avenir. On lui demandait ce qu'il avait fait, ce qu'il faisait, ce qu'il comptait faire. Il voudrait justifier encore davantage ces témoignages d'intérêt et mieux réaliser les espérances du monde savant : tel était son désir héréditaire de rendre d'immortels services aux lettres ; mais le succès n'égalait pas entièrement son ardeur. Là-dessus il s'engageait dans des détails qui , en nous éclairant

Page 1