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portance et le sérieux des détails annoncent que l'écrivain possède pleinement nos annales et notre droit politique. Sur les choses et sur les hommes du xvi e siècle il jette beaucoup de jour ; et c'est , pour en juger avec connaissance de cause, Tune des pièces les plus utiles à consulter. Il parait qu'au sujet du Discours merveilleux . Catherine elle-même aurait dit (elle se plaisait à tire tout ce qui se publiait sur son compte) que l'auteur avait été bien informé en plus d'un point. Elle eût ajouté en se divertissant, à ce que l'on assure, qu'elle en savait encore davantage, et qu'il eût pu trouver près d'elle, au besoin, de nouveaux renseignements. C'était railler sans doute l'exagération de l'attaque. Néanmoins, on aura peine à croire que, si peu soucieuse qu'elle fût de l'opinion publique, Catherine ait tenu ce propos. Certes la grave diatribe d'Estienne n'était pas de nature à appeler le sourire sur les lèvres ou à provoquer des mots plaisants.
On a prétendu aussi que cet ouvrage avait d'abord été rédigé en latin. Mais la verve d'une invention primitive s'y fait trop sentir pour permettre d'accepter cette opinion. Ce qui est certain , c'est que selon une pratique familière à ce temps, cette satire eut à peine paru qu'elle passa dans le langage savant qui avait cours par toute l'Europe. On ignore si cette traduction fut l'œuvre de Henri Estienne 1 . Quant à la composition originale , fort estimée des plus judicieux critiques, elle eût suffi, d'après leur aveu 2 , pour lui mériter le titre d'un de nos
1 . Publiée sous ce titre , qui a été ensuite modifié dans des réimpressions ultérieures , « Legenda sanctae Catharinœ Mediceœ , » 1575, in-8°, il est fort possible qu'elle appartienne à quelque autre écrivain protestant.
2. « Henri Estienne écrivit en français aussi bien qu'Homme de son temps , comme il le témoigne dans le Discours de la vie