XIV
doute aux frais d*un prince qui se montra par mallieur plus ardent à entreprendre que persévérant à achever , il put y de 1539 à 1546, faire paraître ses deux Bibles liébraïques. Dès la première de ces années, il avait été nommé imprimeur du roi pour Tliébreu comme pour le latin. A ce double titre il ne tarda pas à joindre celui d'imprimeur du roi pour le grec; et, comme tel , il eut à sa disposition d'autres caractères non moins magnifiques , ceux de Garamond , ainsi appelés du nom de Tartiste célèbre à qui François I«' confia le soin de les graver*.
Grâce à la munificence royale , Robert employa pour la première fois, dans son édition d*Ëusèbe, ces types grecs que Ton s'accorde à reconnaître pour les plus parfaits qui aient jamais existé. Des trois alphabets qu'ils comprennent, on sait que deux furent dessinés par le calligraphe Ange Vergèce; et Ton présume que le troisième, le plus petit, le fut par Henri Estienne luimême, alors fort jeune et dont la main rivalisait d'habileté avec celle de ce fameux copiste ^ Ce fut à
1. La bibliothèque du Louvre possède la pièce originale par laquelle François V « autorise Robert Estienne, son imprimeur à Paris, à payer à Claude Garamond, tailleur et fondeur de lettres à Paris , les poinçons des lettres grecques qaUl a promis faire pour servir à l'impression des livres des librairies du roi. » Cette pièce est datée du 1*' octobre 1 541 .
2. Dans le dialogue latin du Philocelte et du Coronel, le premier parlant au second , en qui on peut reconnaître aisément Henri Estienne, lui dit : « Memini fuisse tibi felicissimam mànum in exarandiscum latinis tum vero grsecis lltteris, atquc bis potissimum : dicebaris enim Angeli Yergecii manum semulari, quse pro exemplari fuit pulcberrimis illis cbaracteribus seu typis regiis » (ce sont les caractères de Garamond) : p. 307 du vol. de Henri Estienne intitulé Musa monitrix. Scaligcr mentionne aussi H. Estienne comme ayant été le disciple de cet Ângelo, que François I*' appela près de lui et à qui Ton ^vX les caractères royaux : Scaligerana II, p. II.