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ouvrages de son âge mûr eurent particulièrement poar objet de combattre et de déeréditer leur travers. Cette trilogie, qui parut en trois années consécutives, se compose du traité de Latinitatt falso suspecta ( 1576], du Pseudo-Cicero (1577) et du Nizoliodidascalus [\hU\
Le premier de ces livres est une Requête [Expostuiaiio) en faveur d'un bon nombre de termes et de fours d'une latinité excellente, que Tintolérance des érudits avait frappés de proscription. L'auteur se plaît à rassembler sous nos yeux des locutions que leur physionomie française porterait à rejeter tout d'abord, bieo que leur emploi soit, comme il le prouve, justifié par les autorités les plus sûres*. Mais sa prétention ne se borne pas à établir cette simple thèse grammaticale. En condamnant, avec les vains scrupules et les dégoûts capricieux, la recherche des fausses élégances, il s'attaque directement à ces puristes , qui , s'^mbarrassast d'entraves inutiles, se faisaient une langue de convention dont ils multipliaient à l'envi les difficultés et resserraient sans cesse l'étendue. A la dififérence de ces esprits stériles, il enseigne à se préoccuper de la pensée bien plus que de l'expression; il réclame pour l'écrivain une indépendance, une aisance de mouvement qui peut seule permettre à son imagination d'être féconde : car^ suivant lui , la pénurie des idées est la conséquence infaillible de la pénurie des tours et des mots. Telle est, au fond, l'importante question agitée dans ce débat philol(^que.
L'œuvre de Henri Ëstienne n'en affecte pas, pour celai,
pensée : « O fœdissimam , sub tam praepostere religiosa ciceronicolarum natione , linguœ latinae servitutem ! m
1. Cet ouTrage, par les analogies frappantes quMI présente entre les deux langues , pourrait aussi être appelé un traité de la Conformité du français avec le latin.
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ne allure plus ambitieuse. Sa Requête pour la latinité grassement suspecte renferme huit chapitres, subdivisés uz-mémes en sections; et il y passe successivement n revue les dififéreotes parties du discours. En commenant, il repousse loin de lui ce soupçon, que fils de iobert, Tauteurdu Trésor latin, il veuille, au mépris les devoirs que ce nom lui impose, ouvrir la porte à la Mirbarie et favoriser l'altération du bon langage. 11 ispire, au contraire, à le maintenir dans son intégrité m. le protégeant contre ceux dont la délicatesse outrée e dénature et le corrompt. Par ce motif-^là même, il se );ardera bien de raffiner, comme eux , sur Térence , sur Lucrèce , sur César. Au lieu de réprouver les prétendus ^allicisraes dont ces écrivains n'ont pas fait difficulté de se servir, il se bornera à éviter les formes qui choquent le génie de leur idiome.
Des observations fines de grammaire et de langue, ies recherches curieuses d'étymologies, des détails d'une variété imprévue, donnent à ce traité de philologie un intérêt que son tilre ne semblerait pas promettre. C'est, en outre, de tous les opuscules latins de Henri Estieone, celui où sa plume habile court avec le plus de légèreté et de grâce, où il y a le plus de véritable atticisroe. Beaucoup ont écrit depuis sur cette matière*, et en mettant fort à contribution ce travail ; mais, le premier m date» il est aussi demeuré tel par le mérite. Le sujet & pu être creusé davantage : il n'a Jamais été touché d'une main aussi délicate. On peut dire que l'auteur a
1 . On citera notamment Jean Yorst, natif du duché deHoIstein, sur lequel on peut voir Thomae Creuii Commentationes philol. H bist., Amstelodami, 1711, p. 72 : « Emisitnon sinesuccessu Joh. Vorstius duos in publicum libros, alterum de Lat'nifate falRo suspecta, aUei-um deLatinitate merito suspecta^ etc.» (1665 et
Conformile* i
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joint la pratique au précepte, en donnant un modèle de{ ce style , qui , n'appartenant à aucune école exclusive,! n'emprunte ses mots à aucun ancien de préférence SQS| autres, mais se contente de les puiser dans le Yocabolaire de la langue mûrie par te temps, et cherche sor-' tout ceux qui conviennent le mieux à Texpressiondela pensée. C'est avec autant de facilité que de finesse qolil manie le souple et al)ondant idiome des Romains; et, voir sa diction dégagée et rapide , simple et élégante,^ on reconnaît qu'il a tout d'abord suivi le conseil renfc dans ce vers, adressé par lui à la foule de ses tropti'" mides adversaires :
Eia, raetum et linguam solve : latinus eris.
Une courte dissertation, placée à la suite de ce traité et qui le complète, roule sur la latinité de Piaute : c'est, en d'autres termes, un exercice préparatoire à la lectore de cet auteur ^ Là, prenant sa cause en main, Henri Ëstienne s'élève contre les dédains de certains éru^ts du xyi<» siècle , qui s'autorisaient des préventions d^Horace pour le rejeter comme entaché de rouille et a usant du langage de la mère d'Évandre. b A ces répulsiotf peu motivées il oppose l'admiration de beaucoup d'il' lustres Romains et notamment celle de Cicéron. Il s'attache à montrer que Térence, dont le style est réputé classique, appartient à l'école de Piaute et a parlé presque absolument la même langue que lui. Dans ce dernier il loue, outre la force comique et une certaine saveur indigène, la riche variété des formes, très-propre à remédier, observe4-il , à la disette des latinistes modernes ^
1. De PlouH latinitate dissertatio et ad lectionem illim progymnasma.
2. De là le lien qui unit ce traité au précédent : « Cum Planloio ecriptorem esse talem sçirena , ut prœ quovis alio copiosos ex
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H est peu circonspect dans ses plaisanteries, elles n*ont Q moins rien de plus choquant que celles d'Aristo- ^Qe, qiii n*offensaient pas les oreilles si délicates des ^éoienSé Deux motifs Tintéressent , quant h lui , à la P^tation de ce poète : Tun est le souvenir de son père, 'avait pour Plaute une prédilection marquée; Tautre k caractère de sa diction , où de fréquents idiotîsmes ^eot ane affinité singulière avec le français. Les îratioDS qu*ont subies ses pièces expliquent d'ailleurs, partie, les jugements sévères dont il a été Tobjet. lea été la négligence de ses éditeurs , que souvent
ponctuation vicieuse a défiguré le sens de ses pen- , et que des paroles placées dans la bouche d*un inventeur ont été mal à propos attribuées à un autre. ri Ëstienne, en citant des passages corrompus qu'il »rce de restituer, donne , pour le texte de cet écri* , le signal d'une révision nécessaire ; et il constate , la sûreté de son coup d'œil critique, quelques-unes iméliorations qu*il est susceptible de recevoir. !S deux dissertations , que H. Estienne avait oom- 3S à sa campagne de Grières, furent suivies de son gue le Pseudo-Cicérons où il s'étendait sur le , sur le texte et les éditions de l'orateur romain. 1 lui f les adorateurs superstitieux de Cicéron avaient tant plus tort de se borner à un modèle unique, ce modèle, comme tous les monuments de l'anti- 'SyUe nous était parvenu qu'endommagé par plusieui*s ss d'ignorance. Pour le prouver, il soumettait à un le e:xamen les impressions successives de cet auteur,
toutefois Robert et Charles Estienne , Lambin , uce et Yictorius, entre autres savants, s'étaient déjà
bus reddere possit, brevom de latinîtate illius dissertatio- .. subjungere huic libroplacuit. »