‹ Conformité du langage françois avec le grecChapitre 143 sur 243 · Cavete vobis principes · texte numérisé non relu

Cavete vobis principes

( CCXll )

temps qu'il les engage encore une fois à ouvrir les yeux sur le fer que des mains criminelles aiguisent pour leur perte.

Ces œuvres réunies honorent surtout le caractère de Henri Estienne : pleines d'accents libres et fiers, elles attestent que la vie des cours, en l'affinant, ne l'avait nullement amolli. On y reconnaît un esprit formé dans le commerce des penseurs les plus hardis du siècle; et, Ton ne l'oubliera pas, ces fermes et nobles paroles adressées aux souverains, ces protestations contre la tyrannie ont eu leur influence utile. A une époque critique pour nos libertés , où les menaçaient également des excès contraires, ces opuscules oubliés^ dont la publicité était alors considérable, nourrissaient au fond des cœurs les germes de notre ancienne franchise ^ maintenaient les institua tions qu'elle avait créées, et protégeaient en quelque sorte

notre avenir.

Dans son amour de la poésie , dont il avait été, nous dit-il , passionnément épris dès sa plus tendre enfance, Henri n'eut garde d'oublier la poésie française : il est vrai qu'il lui rendit un culte plus empressé qu^heureux. Malgré beaucoup de vers, qu'il ne composait au reste, comme on l'a vu, que loin de ses livres d'étude et sur les routes, un critique éminent a eu raison d'écrire a que Henri Estienne n'était pas poète français *. » Doué d*une imagination vive et capricieuse , il lui manquait, pour mériter ce titre, le culte de la forme et le goût de l'idéal : il avait l'esprit morose et préoccupé bien plus que rêveur. A l'exemple de tant d'autres érudits , qui rimaient dans notre langue et qu'encourageait l'indulgente facilité d'un public complice de ces erreurs, il n'en prit pas moins son goût de versifier pour une vocation poétique.

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