Dialogues du françois italianisé, p. 427 , 438 et suiv
2. Voy. une lettre de Serrarius à J. Lipse, 1594 , Sylloge epist,, 1. 1*', p. 609 : •• Optabam vel supremo isto aevo ad Ecclesiam euin redire, neque omnino abborrere videbatur; sed, etc.. De litteris bene graecis meritus est; sed animae suse detnmentum si patiatur , quid haec ? »
3i. Voy. la préface àeV^Apologie pour Hérodote.
( CCXXÏV )
défauts d'un autre âge commencent à percer en lui r rimpatîence de l'état présent, une ardeur de réputation inquiète et qui s'alarme de toute rivalité , la prédominance démesurée du moi, en un mot cette personnalité dévorante qui bientôt corrompra parmi nous les plus nobles caractères et minera, dans leurs principes, les institutions par lesquelles vivent les peuples. En admirant dans Henri Estienne des ressources prodigieuses d^esprit, jointes à un savoir d'une variété et d'une étendue incroyables, on ne peut s'empêcher de gémir sur l'emploi incomplet ou fâcheux des hautes facultés dont il était doué; on ne peut se défendre d'une émotion pénible, en voyant cette activité singulière se tourner contre lui pour son tourment, et une si belle intelligenee, offusquée par de sombres nuages, devenir la proie de ces maux imaginaires que n'avait pas connus la sagesse de nos ancêtres. Leur vie réglée, leur ferme raison, ignoraient ces tristes affaissements de l'âme sur elle-même, plaie de notre civilisation raffinée.
Le ressort d'une forte et sincère croyance manqua, par-dessus tout, à Henri Estienne : il est, en effet, l'un des premiers qu'envahit, après la crédulité fadle du moyen âge, ce scepticisme dissolvant des temps modernes, qui devait, en sapant successivement toutes les bases de la société, accumuler les ruines autour de nous. Ce fut un résultat funeste de la réforme, qui, si elle ranima chez quelques-uns les sentiments de la piété, la décrédita et l'anéantit chez beaucoup d'autres. Que d'àmes vides et désertes livrées dès lors à la merci des événements! Cest ce qui arriva en particulier pour Henri Estienne. Non que de graves accents et des mouvements chrétiens ne se rencontrent dans ses écrits* : il témoigne en gé-