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briel Naudé, La Mothe-le-Vayer et Ménage ^^ nous offrira encore avjoard'hnf une lecture agréable et utile. Il a surtout» par la tendance de ses travaux, bien mérité de Tespirit français. En réagissant ccmtre i'affëterle qoi le menaçait, 11 Ta maintenu dan» se» voies naturelles, il lui a conservé sa couleur indigène. A côté de cette veine gauloise, qui commençait à s*appauvrir parmi nous, se montrent dans ses œuvres une physionomie originale et an cachet tout moderne. De plus, il appartient à la race de ces faciles inventeurs qui donnât réveil aux autres, et riches d'idées nouvelles, qa'ils n'ont pas la patience de féconder, les Jettent çà et là, se reposant sur ceux qui les suivent du soin de les faire fructifier. Beaucoup de celles qui ont eu un cours général après lui se retrouvent ébauchées dans ses livres, et il peut revendiquer Thonneur de les avoir pressenties ou même de les avoir mises le premier en circulation. Dégager l'écrivain français Jusque-là trop enveloppé par l'érudlt, le considérer à part et le classer, en déployant ses qualités pleines de saillie et d'avenir, tel a dû être notre but particulier : nous concluons que, comme prosateur , il n'a pas été étranger aux progrès de notre langue, dont il a reconnu, au moment où elle aspirait à se fixer, les besoins et le génie spontané ; il compte entre ceux qui lui ont donné son caractère définitif. Parfois il approche de l'expression pittoresque de Montaigne; il a de la finesse et du trait Esprit net et délié, incisif et nerveux , avec les accidents et les hasards heureux de son style improvisé, il offre quelque chose de
1. Celui-ci, qui fut le maître de M""* de Sérigné et vit la plus belle partie du grand siècle , s*est beaucoup occupé et souTent autorisé de Henri Estienne , comme de plusieurs de nos anciens écrivains, dans ses Observations sur la langue firançoise, 1671 et 16SS.
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soudain, d'acéré et de eaprieieux qui contribue à assouplir notre idiome. Mais il excelle notamment à manier avec aisance ce parler vif et léger d'où sortira , après deux siècles de perfeetionnement, la prose facile deVoltake. En nràme temps, sa critique grammaticale^ parla multi]^cité même de ses remarques et de ses prescriptions y tend à introduire parmi nous , ce qui était alors fort nécessaire» robserration des règles, le scrupule et l'exactitude. Ajoutons que Taccent national dcmiine dans tous ses ouvrages. Admirateur des monuments de notre vieille littérature, il ne craint pas de proclamer, entre ^ plusieurs de nos auteurs qu'il loue , Philippe de Cornmines a un second Tfaïucydide* ; en un mot, c'est, au point de vue philologique et littéraire, une des intelligences 1641 pius favorisées et les plus Justes que notre pays ait produites dans l'active élaboration du xvi* siècle. Sur ce point, d'ailleurs, notre conclusion n'est pas autre que celle des meilleurs critiques de ce temps. M. Villemain, non contait d'appeler Henri Esti^one a le plus profond de nos philologues ^, lui donne place parmi ceux a qui ont dénoué notre langue*. » M. Ampère le qualifie de <x l'un des prosateurs les plus spirituels du xvi« siècle ^ » Tel était aussi le sentiment de M. Nodier : ce juge délicat, après avoir signalé, dans la même époque , « un des hommes les plus doctes et les plus ingénieux , un esprit naturel et fin, qui embrassa tout et réussit dans tout, qui rendit populaire la science