Ibid, , p. XII
4. Hieioire lUléraire de la France avanile xu* iièele, 1. 1^,
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et FeinbeUit des grâces du style , » croyait que , pour le faire reconnaître, ail n'avait pas besoin de nommer Henri Estienné^ »
Nous nous sommes efforcé , dans cette Biographie, de lui assurer, avec une justice qu*il n'avait pas assez généralement obtenue, le rang élevé que comportent ces éloges. Un coup d'œil jeté sur la famille de Henri Estlenne, au moment de sa mort, et sur les descendants qui en continuèrent la célébrité , terminera notre étade.
On a dit que des trois mariages qu'il contracta il était né quatorze enfants, dont le plus grand nombre moarat en bas âge : les plus connus jdc ceux qui lui survécurent furent son fils Paul et sa fille Florence. Nous avons déjà parlé du mari de cette dernière, d'Isaac Casaubon, si digne d*étre mêlé à la savante histoire des Estirane^ Lorsqu'il rechercha cette alliance , il était professeur de grec à Genève; il le devint ensuite à Montpellier. Son caractère autant que sa capacité lui obtint l'estime de ses contemporains. Attaché au calvinisme comme la maison où il entra, il possédait de plus que Henri Estienne une piété douce, jointe à une tolérance pleine de candeur; par sa modération et sa sagesse il sut être plus
1. Bulletin du bibliophile,Tec^ener, février 1835. 11 le déclare, ibid., « Tan de nos meilleurs prosateurs ;.» et , dans une note marginale , recueillie par M. Francis Wey, « le premier et le plus national de nos prosateurs du seizième siècle après Rabelais et Montaigne : » Toy. VHistoire des révolutions du langage en France, Paris, Didot, ]t4S, p. 440. — M. F. Wcy cite eneow dans ce passage, parmi les admirateurs de H. Eatienae, Calvin, Montaigne, M. Oaunou, etc.
2. Balzac le cite, dans la VÎl* de ses IHssertations , parmi « to» trois plus doctes de leur temps, qu^on appelait les triumvirs de la république des lettres, » les deux autres étant, ajoute-t-il. Juste Lipse et Scaliger.
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\ieureux que lui. C'était en 1587 qu'il avait épousé Plorenée, âgée de dix-neuf ans : cette jeune femme, qui re* levait par une rare distinction d'esprit un grand fonds de bonté, le rendit père d'une de ces familles nombreuses dont cette époque patriarcale fournit plus d'un exemple : L*an des vingt enfants qu'elle lui dimna , Méric Casaubon, hérita en partie de la renommée paternelle. Peu après la triste iin d'Estienne, Isaac Gasaubon fut aj^pelé par Henri IV à Paris , a pour y faire refleurir les lettres anciennes, » a dit Sainte-Marthe ^ Il reçut de ce monarque, l'an 1603, la garde de sa bibliothèque, en dépit d'une cabale d'envieux qui prétendait que sa qualité de protestant eût dû l'exclure d'un poste, pour lequel son éradition le désignait plus qu'aucun autre'; il fut, en outre, gratifié par lui d'une pension avantageuse, qui répondait à son mérite ^ On raiconte même* que Sully la trouvait excessive, alléguant, dans un jour d'humeur, qu'il coûtait plus que deux bons capitaines, et partant l)eaucoup trop ; mais, différent en cela des trésoriers de Henri III , s'il ne payait pas volontiers, il payait néanmoins. Attiré dans la suite à Londres par le roi Jaeques l<^, Gasaubon y mourut en 16H, comblé des marques de sa faveur; et ce souverain épris de la science , pour l'honorer dans la personne d'un de ses principaux représentants, fit ensevelir à Westminster le corps de ce
1 . Voy. TÉloge de H. Estienne. — En réalité , c'était dans la connaissance de la langue et de la littérature grecque qu'Isaac Gasaubon excellait. Un savant de cette époque , Livineus , écrivant à Juste L4>6e en 1 595 , s'exprimait ainsi sur lui : » Quem ego viruin Bitf ito magni facio , expertns tamen melius ei grœca quam latina cedere, >> SyXloqe epist., t. V\ p. 640 et 64 lé
2. A ce sujet, voy. les Mémoires de P. Pithou, en tête de la Vie de ce magistrat par Grosley , Paris, 1752 , in-t2, 1. 1", p. 26.