‹ Conformité du langage françois avec le grecChapitre 176 sur 243 · PseudoluSy act. III, se · texte numérisé non relu

PseudoluSy act. III, se

est que y au lieu que nous disons , pour monstrer qu'un homme est demouré tout honteux et confus , Il est demaure bien camus, ou. Je Vay faict bien camus; les Italiens disent » tout au contraire, È rimaso con tanb di naso : c'est-à-dire, Il est demouré avec un nez aussi grand; et fault entendre, Aussi grand comme ils le monstrent en disant ceci : selon que la mode des Italiens est d*accompagner leurs propos de gestes, voire de parler une partie par gestes; chose de mauvaise grâce à ceux qui ne l'ont accoustumee. Or , comment on pourroit appointer en ceci les Italiens avec nous, j*en laisse le pensement aux autres qui pourroyent avoir meilleur loisir que moy.

Apres les proverbes, il n'y a chose laquelle je coqseiilasse plustost aux François d'emprunter des autres langues, que les façons de parler qui peuvent servira abbreger propos. Car il est quasi incroyable quelle grâce apporte le brief parler, et quelle richesse est à un langage la briefveté. Mais de quelle langue rapprendroDS* nous ? Il est certain que nulle des modernes ne nous en peult rien monstrer : si fait bien la grecque , la roine de toutes les langues. Mais d'autant que ceci ne se peult apprendre tant par reigles que par imitation (j'enten de la briefveté non-seulement quant aux parolles, mais aussi quant aux sentences], j'ay commeneé de traduire en nostre langue q[uelques passages des auteurs grecs, lesquels m'ont semblé les plus propres à cest effet : aussi quelques epistres fort briefves et biencouchées, lesquelles s'il plaist à Dieu que je mette bien tost en lumière, comme j'espère , j'adjousteray aussi les reigles et les préceptes desquels je me pourray adviser entre ci et la*.

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