‹ Conformité du langage françois avec le grecChapitre 186 sur 243 · Vin rouge , faible en couleur : rubellum vinum · texte numérisé non relu

Vin rouge , faible en couleur : rubellum vinum

grin, fAtxpov (pÔlyYovxat )ca\ îciy vov xai YuvawcwSeç , il est certain quecen^est pas [iiocpdv pour [Aixpwç, et ainsi consequemment, mais il fault entendre (pOs-ffAoc. Ainsi est-il quand nous disons : Il parle gresle ; car comme avec 'kt/^vov (qui signifie gresle) il fault entendre (pôsYfxa, ainsi avec gresle fault entendre , Un parler ; tellement que ce soit autant que si on disoit : Il parle un parler gresle. Car chascun scait que nous usons de nos infinitifs en guise de substantifs , comme en ceste locution : 11 ha un parler mauplaisantyOu, Il est maugratieux * en son parler. Item : Escoutez mon dire, ou , Je trouve bon vostre dire. Or , de la mesme sorte que nous disons , Il parle gresle , nous en disons plusieurs autres, comme , 11 parle gros , il parle cas*, H parle gras , Il parle enroué. Il parle efféminé (qui est le Y^vaixcoosç de Lucian). Finalement, en parlant eidessus de quelques locutions esquelles les Grecs omettoyent et laissoyent à entendre ce mot (x^poç, comme les François ce mot part ou portion , qui signifie le mesme, je n*ay monstre qu'un usage de ceste omission , asçavoir avec le génitif cas. Ici j*advertiray encores d'un autre Qsage; c'est que quand nous parlons ainsi : Fendu ou parti en deux, ou en trois, ou en quatre, et ainsi consequemment, nous omettons ce mot pars ou parties, à la façon aussi des Grecs. Lucian, au dialogue intitulé le Banquet ou les Lapithes : StstXs Se tou vujxcpiou to xpa-

vi'ov £Ç Suo.

1. Pour malplaisant , malgracieux, Mau s'est ainsi modifié dans plusieurs autres mots, tels que mau^r^ devenu malgré; il a subsisté dans maudire, maussade ^ eic. Autrefois, au lieu de mal, ^l, cheval, on disait mau, vau, chevau : A'^otLchevau-léger^etc.

2. C.-à-d. sa voix est cassée. Cas est un vieux mot français qui ▼eut dire brisé, rompu : de quassare, — Au sujet de toutes ces ellipses , Reiz , Belga grcecissans, p. 340 et suiv. , entreprend de prouver que le néerlandais ne le cède en rien à notre langue.

( 68) Obs. 5. J'avois délibéré de garder les noms qui s'omettoyent, pour la fin de ce chapitre; mais n'^/^^t peu traicter du génitif cas sans entrer en ce propos, j'ay pensé qu'il seroit bon de le poursuivre tout d'un train; ce que j'ay faict. Maintenant donc, afin de vuider da tout ceste matière, je suis d'advis de parler des noms qui au contraire se mettent superfluement tant en une langue qu'en l'autre; puis je viendray aux autres espèces de conformité particulière entre le nom grec et le nostre. Les Grecs donc usent souvent sans besoin de quelques petits mots y entre lesquels sont ceux-ci , [jlovoi;, dfXXoi; y tU (et non pasT^ç), et ne plus ne moins usons-nous des nostres qui ont mesme signification que ceux-d Venons aux exemples , et premièrement de {xdvoç. Lucian, en l'opuscule qu'il a intitulé Pseudologistes^, Ksi

Toîiç ôpLtXîiTjcç , oîç txavJi ^v lx£tva fxova t^ xaxi toïï (jou oto-

{xaToç (îicoXausiv. Semblablement a dit ^schines , Oùx

âi7é)^pr|9ev auxoTç toutov (xovov t^v ^pxov 6{jLd(jai'. Ainsi se

trouvera au IIT^ livre de Thucydide, en la page 101 de mon édition , un [jlovov adjousté à tovoutov , lequel suffisoit. Yray est que la aussi bien peult-il estre adverbe que nom. Or, pour venir aux exemples de nostre langage , je di que ce mot seul se met en plusieurs locutions lesquelles s'en pourroyent bien passer; comme quand nous disons : Je n'en ay pas eschapé un seul. Item, I) ne m'a pas respondu un seul mot. Il y a, d'avantage, que comme le nom (aovoç se met superfluement, aussi se

1 . Le faux raisonneur : c'est une diatribe, assez peu digne de Lucien , contre un grammairien qui l'avait accusé d'avoir fait uoe faute de langage.

2. Harangue sur la couronne: t. Y, p. lia de Véditioo des OEum-es complètes de Démosthène et d'Eschine donnée par M. Planche.

( 69) let l'adverbe (aovov , et en nostre langage pareillement 3 !rç ^e telle superfluité de l'adverbe seulement que du om seul, comme il sera déclaré au chapitrede l'adverbe. Exemple d'aXXoç superflu. Theocrîte, in Helenœ epihalamîo, OÏol * A^^aiïdîSwv yaîav waTet ouSejxC dfXXa* . Et en opuscule intitulé Megara, lequel on doubte n'estre de ay*, Tou S' oÔtiç y^vêt' ofXXoç àiroTfxdTepoç ÇoxÎvtodv. Et en lomere mesmes s'en pourront trouver des exemples ; nais sans aller Jusques aux poètes , il s'en trouvera [uelqu'un es auteurs qui ont escript en prose. T^utesfois M)ur le présent , me contentant de ceux que j'ay ânenez , 'advertiray seulement qu'à nous aussi ce mot autre est mperflu en certaines façons de parler, desquelles cestei\ est une : Un autre meilleur.

Le tIç superflu ha deux usages, dont l'un est commun au nombre singulier et pluriel , l'autre ne se trouve qu'au pluriel. Exemple du premier qui est commun aux deux nombres, Euripide: AouXoî yâcp d(v$pa, x&v J^pawffTcXaYX^dç Tcç ^* ; Theocrite, 'Ey^v Ss tiç où Ta^^uireiOi^ç. Item, èyài 8é Tiç 6ifA\ {xeXixTdlç^. Lucian , en l'opuscule nommé J920ny52tl5,*a){AocpdcYOuç ydip xtvaç auràç eTvac. En

1. Henri Ëstienne cite de mémoire « ce qui explique les légères ineiaclitudes que Ton a parfois remarquées dans ses citations : ici on lit ce Ters un peu modifié dans d'autres textes de Ttiéocrite ; Ânalecta de Brunck:

Ota yaïav AxcLi'Ma oOSe{i(a izcLXtX &XXa ;

et dans Tédit. de M. Boissonade :

Oia Yaïav *Axa"<^Sa izoLxeX oOôejii* àXXa.

2. On croit aujourd'hui que cet ouvrage appartient à Moschus , Syracusain, qui marcha sur les traces da Tliéocrite et obtint, Mque fort au-dessous de lui, un rang encore honorable. ]1 vivait sous le règne de Ptolémée Philadelphe.

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