Iliade, xxii
2, Dialogue des dieux marins : c'est le II',
Je suis d'advis que vous ostiez , etc., ou , Selon mon jugement, vous devez oster, etc. Or, fault-il noter qu'en cest usage, pareillement, nostre langue est conforme à la grecque ; tesmoin ce passage de Lucian au dialogue h\
intitulé Pseudologistes : x3iv l)C(ii.âôy;ç aÙTO , ^cav ^[aTv eiouc '4
î(yr^. Auquel fault a^jouster cestuy-ci de Iny-mesme*, ToiouToç o3v (jLoi 6 ouYYpacpebç eaTco. C* est-à-dire , mot pour mot. Qu'il me soit tel : au lieu de dire , Qu'il soit tel, s'il m'en veult croire, ou. Qu'il soit tel, s'il m'en demande mon advis, ou, mon opinion. Mai» les Latins, en ceste façon de parler, ont esté imitateurs des Grecs aussi bien que nous , comme on peult veolr par ce passage de Terence , es Adelphes,
Nain is mihi est profecto servus spectatus satis Cui dominus curae est.
Et par cestuy-ci d'Horace, en son de Artepoetica,
Sic mihi , qui multum cessât^ fit Chœrilus ille , Qaem bîs terve bonura , etc.
Obs. 2. En parlant à une seule personne nous usons souvent du pronom pluriel. Je n'enten pas quand nous mettons v(yus au lieu de toy; mais quand en la personne de celuy ou celle à qui nous parlons, nous taxons* ou louons les autres aussi à qui attouche le faict duquel nous parlons. Exemple , Si je par)e à un jeune bomme desbaucbé , je diray : Vous jeunes gens n'avez autre pensement que de cereber vos plaisirs. Ceste mesme
1. Au XLT' chapitre de ce curieux traité « Sur la manière dont il faut écrire nnstoire , » que Racine a traduit en partie.
2. Ce verbe, entre autres acceptions, avait celle de critiquer t blâmer ; de là encore : taxer d'avarice. Vaugelas u regretté cet ancien sens, à peu prè» perdu. ^
façon est en usage en la langue grecque , comme îl appert par ce passage de Lucian au dialogue intitulé Dearumjudicium*^ :^ xa\ <joi TauT« , & ^uyaTep, cuvSoxgî; ri (fifiç ; âTcooTpscpv) xai IpuôpiSç ^ lo'Tt piiv fôiov to ai^eîoÔaC y^ rà TOiouTa , ôfjuov twv Trapôévoiv ' Ittiveusiç Se ^[jlodc > etc. Il
est vray que le plus souvent nous adjoustons ce mot entre devant le pronom , et disons, Entre vous jeunes gens y ou, Entre nous jeunes gens; car ce que j'ai dict du pronom de la seconde personne doibt estre entendu pareillement du pronom de la première.
Il vient fort bien à propos ici de parler d'une autre locution ^ de laquelle nous usons quand nous adressons tellement nostre parolle à un seul , que nous entendons de comprendre aussi ses compagnons; et revient à<^este autre de laquelle Je vien de traicter , asçavoir où nous mettons ce mot entre : car alors nous disons, Vous autres^ ou, Entre vous. Item, Nous autres, ou, Entre nous. Mais quant à ce Entre vous , le grec n'ha rien de^ tel : quant à Vous autres, si ba bien. Car je trouve que Thucydide a dict ^[xSfç xot^ç àXXouç , ainsi que nous disons , !Mous autres; etmesmes (s*il est besoin d'adjouster à un tel tesmoin le tesmoignage d'un auteur beaucoup plus xeeent) Dionysius Halicarnasseus en aucuns lieux de son Histoire a usé de ceste façon de parler. Laquelle (à dire la vérité) sert beaucoup pour abbreger ; et cela se peult cognoistre par la peine qu*on ha quand il fault dire en latin une telle chose, d'autant que ce langage n'use point de ceste locution : car qui diroit. Quantum ad nos alios attinet, pour cela que nous disons , Quant à nous autres , il feroit rire ceux mesmes qui n'en auroyent point d'envie. Et toutesfois semble estre aucunement excusable ceste manière de parler, Vos aliœ aves , ainsi