‹ Conformité du langage françois avec le grecChapitre 206 sur 243 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

fli donc, pour commencer, que nous avons plumots correspondans aux grecs, aussi bien eu econde et extraordinaire signification qu'en leur ère et ordinaire. Exemple : $ia<popov, tenant le lieu

de nom substantif, signifie ordinairement différence] mais extraordinairement il se prend aussi pour débat ou controverse , et Thucydide entre autres en use souventesfois ainsi. Ce mot françois différent ha le mesme usage, quand nous disons, Nous sommes en différent touchant cela S ou f II nous fault appointer nos differens.

Ne plus ne moins aussi que l'adverbe grec àatpoXûc signifie en premier lieu tuto, et puis se prend pour cer^o ou vere ; ainsi est-il de l'adverbe françois seurement.

Autant en pouvons-nous dire de 7capi(jTaa6ai , qui proprement signifie ce que nous disons (après les Latins] assister : mais il se prend quelquesfois pour Donner aide et secours [et mesmes Homère en use ainsi ^) ; en laquelle signification il ne correspond plus au latin assistere, mais si fait bien au françois assister,

'la^upoç, fort; W/yçi^ta^oa , pour confidere ou sttônixum esse : ce que nous disons de mesme façon, Se tenir fort.

Ainsi en prend-il aussi de àxaxToç , qui proprement et selon son origine signifie inordinatus, c*est-à-dire , Sans ordre, et mot pour mot, desordonné; mais comme on le transfère à un autre usage, pour signifier desreigléy oo, N'estant reiglé ni conduict par raison , ou , Mal conduict: ainsi transferons-nous aussi nostre mot desordonné, et mesmes en usons plustost ainsi qu'autrement. Pareillement l'adverbe àtaxTcoc respond justement au nostre desordonneement ; et le nom substantif àraÇia à nostre mot desordre. Voila comment le François, sans se donner aucune peine , peult , en rendant mot pour mot,

1. La distinction orthographique qui sépare aujourd'hui le substantif différend de Padjectif différent, est d'invention toute moderne : elle ne se trouve pas encore dans Pédition que l'Académie française a donnée de son Dictionnaire en 1762.

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