Par exemple, dans le V chant de V Iliade y v
exprimer ces parolles grecques qui sont fort fréquentes aux bons auteurs. De laquelle commodité le langage latin estant privé , s'y trouve fort empesché , et principalement quand il luy fault exprimer àxa^la^ qui respond (comme j'ay dict) justement à nostre mot desordre : car comme de TdEçK;, signifiant ardre, se fait àxa^ta, par le moyen d'un a privatif mis au devant; ainsi de ce mot ordre, faisons-nous desordre, usans de ceste particule des pour le mesme efifect qu'eux usent de leur a.
Semblable commodité avons-nous de traduire ces mots
grecs }^6tpi^6iv et ota)^e(p(Csiv, ou fjieTa^^eiptCsiv et è'^ei^il^eiyy
item liuij^eipeîv et ly^etpeiv, en exprimant Torigine ou dérivation d'iceux. Car ainsi que les deux premiers verbes [comme aussi les autres] , estans venus du nom yzip (qui signifie main), se prennent pour ce que les La^ tins disent administrare , tractare ; ainsi ce verbe manier, estant dérivé de maitiy se prend pour cela mesme, quand on dit Manier des affaires. Duquel se forme aussi ce verbal maniement, quand on dît, Avoir le maniement de quelques affaires, ainsi que de ^^sipi^siv est formé •/6ip!<i{xoç ; et mesmes comme de [jLeTayeipiCeiv vient eùue- Tot^eipKJToç, aussi de manier se dit maniable.
Quant à èf^npO^eiy (ce que les Latins disent commit^ tere) , combien que nous ne le rendions pas en un mot, comme les precedens, si Texprimons-nous en gardant totalement l'origine : car comme ly^^sipiCeiv est composé de la préposition Iv et de yeipt^eiv venant de }^£ip, ainsi usans de nostre préposition entre avec ce mot mains, nous disons Mettre entre mains, ou Mettre entre les mains.
Ainsi est-il, quand pour. sni-/£tp£tv tivi, ou lYx^ipeîv, nous disons Mettre la main à quelque chose. Car nous mettons ceste préposition à en la place de la grecque Itti ou ev.
( IW )
Itou » ee que nous disons maintenir, ou Tenir la main à qoelqae diose , s'accorde totalement avec le grec inp^cfv x^àçoL : de laquelle façon de parler Homère mcsmes ausé*.
Et pour Tenir da Yorbe an nom, comme les Grecs disent ^rpo^sipofv fyjtcv, ainsi nous» Avoir en main.
Iton nons disons. Un homme adroict (ayans esgard à lliabileté de la main droiete au pris de la ganche) , ne plus ne moins que les Grecs ^toc.
n y a anssi certains mots composer, desquels si on rqgttrde les pièces apart , on trouvera qu'ils reviennent, quant à la sobstanoe , aux firançois : comme ^^^loup^e» (qui signifie Estrelasdie à la besongne) se pourroitre* souldre en ces deux pièces ^$u>k I^m (s'il estoit loisible d'user de Ip^ûv apart et sans composition ) , lesquels deux mots signifient Faire aiseement. Or devons-nons avoir mémoire que nous disons d'un qui ne se haste point à la besongne, mais y est lasche et remis, Il fait tout à son aise. Et mesmes, nous mocquans d'un qui sera tel à la besongne, nous luy disons, Tout à vostre aise.
Ce mot j^a^iou^ïv me fait souvenir de 5ep{AoupYoc, qoi est semblablement composé de Ijpf^v (car ^Sioup^ilv vient de Ip^v, qui depuis prenant la forme d'un verbe, se change en IpY^Tv). Ce J^ptAou^Y^ est quasi comme si on disoit , Ouvrant chauldement, ou , Besongnant chaaldément, ou, Ghauld à l'œuvre : et tout bien considéré, Wk trouvera que ce mot s'accorde avec ces façons de parler, U y a besongné chauldement , ou , Il a faicteela à la chaulde. On dit aussi quelquesfois , U a faict cela de chaulde choie'; où choie est mot grec (comme il sera monstre ciapres) , hormis que nous y changeons i) en e.