‹ Conformité du langage françois avec le grecChapitre 22 sur 243 · XXIV · texte numérisé non relu

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finissaient par en user. Mais ce qui oontribuait surtout à en rendre la pratique générale, c'est que mes frères et moi, depuis que nous avions commencé à balbutier, nous n'aurions jamais osé employer un autre idiome en présence de mon père et de ses correcteurs, d Ce que Henri ajoute sur ces derniers montre combien, dans cette demeure, une langue commune était nécessaire : <x Aune certaine époque, mon père entretenait cbez M une espèce de décemvirat littéraire , composé d'hommes issus de toutes les nations et parlant tous les langages : c'étaient dix "étrangers qui remplissaient auprès de lui les fonctions de correcteurs , quoiqu'ils eussent assez de mérite pour ^re auteui's eux-mêmes. » Plusieurs le furent en effet avec distinction : l'un était le philologue et historien Beatus Rhenanus, natif de SchelestadtS* on compta aussi parmi eux Aymar Ranconet, depuis président au parlement de Paris, également connu par ses talents et par ses malheurs^. Les simples ouvriers, dans cet établissement, joignaient le plus souvent à leur zèle un rare degré d'instruction. C'est d'ailleurs ici le lieu de remarquer que la profession de correcteur, toujours honorable quand elle est unie au savoir , ne passait pas jadis pour être au-dessous des hommes de la plus haute capacité. Érasme nous apprend que dans Timprimerie de Froben , son ami , a il revoyait les épreuves de sept presses qui marchaient à la fois'. » Jean Lascaris et Marcus Musurus, dont Léon Xfit un archevêque, exercèrent cet emploi, entre beaucoup

1. On estime surtout son histoire dUllemagne, qui parut sous le titre de Res gennanicœ.

2. Voy. sur lui de Thou, Hist., 1. xxui : t. III, p. 417 delà traduction française.

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